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BMS 115 · Tronc communSection 3.2 · Vulnérabilité et droits humains
Section 8 sur 15

Les droits de l’enfant, du malade et de la personne âgée

Énoncer les dix principes de la Déclaration de 1959 relative aux droits de l’enfant, appliquer la norme de l’intérêt supérieur et identifier les situations prévues par la loi dans lesquelles l’infirmier peut légitimement transmettre les informations d’un patient vulnérable.

Nouveau dans ce cours ? Comment fonctionne chaque section
  1. Apprendre présente une seule idée courte à la fois. Chaque idée commence par une phrase simple, puis l’explique, donne un exemple et vous pose une petite question à laquelle vous pouvez répondre tout de suite.
  2. Explorer montre un schéma des mêmes idées. Cliquez sur les parties numérotées pour lire ce que chacune représente.
  3. Vérifier pose quelques questions. Répondez correctement à toutes pour terminer la section et débloquer la suivante.
  4. « Approfondir » est facultatif. Il ajoute le mécanisme et des détails pour quand vous serez prêt — aucune notion nécessaire aux questions n’y est cachée.
Pourquoi c’est important

Les droits sont réellement mis à l’épreuve là où le pouvoir est inégal, et le pouvoir l’est rarement plus que dans les soins d’un enfant, d’une personne handicapée ou d’une personne âgée fragile. Ces patients peuvent être incapables d’exprimer une préférence, de signer un formulaire, de téléphoner à un juriste ou de refuser poliment, et leur entourage croit souvent savoir déjà ce qui est bon pour eux. Cette section vous donne les deux outils qui rendent ce pouvoir responsable : une norme de décision — l’intérêt supérieur de l’enfant — et une courte liste écrite des situations où le devoir de secret cède devant le devoir de protection. Sans eux, la bienveillance devient une supposition, et la confidentialité devient soit un mur absolu, soit une habitude qui se rompt dès qu’un proche la demande.

Ce qu’il faut savoir avant

La section 3.1 a présenté les textes relatifs aux droits humains et les codes professionnels ; retenez la distinction entre une déclaration, qui énonce des normes, et une loi ou une convention contraignante, qui crée des obligations sanctionnables. Vous devez aussi maîtriser la règle ordinaire du secret professionnel, car cette section n’en enseigne que les exceptions prévues.

Mots à connaître (4)
Déclaration
Un énoncé solennel de principes adopté par une instance internationale ; il fixe une norme et pèse moralement et politiquement, mais n’est pas à lui seul du droit exécutoire comme une convention ou un traité. Le texte de 1959 sur les droits de l’enfant est une déclaration ; la Convention de 1989 relative aux droits de l’enfant est un traité.
Intérêt supérieur de l’enfant
La norme qui exige que le bien-être de l’enfant soit la considération primordiale chaque fois qu’une décision est prise pour lui par la famille, un tribunal, l’hôpital ou le législateur. Une règle de service qui écarte les parents de la salle de réanimation doit se justifier par ce qui protège l’enfant, non par la commodité de l’équipe.
Exception légale
Une situation définie par la loi dans laquelle un devoir professionnel cède devant un autre — ici, le secret cédant devant le devoir de protéger une personne ou le public. L’obligation de déclarer une maladie contagieuse à l’autorité sanitaire est une exception légale au secret.
Soupçon raisonnable
Le seuil de faits qui amènerait une personne prudente à croire qu’une maltraitance a pu avoir lieu ; il justifie et impose souvent un signalement, sans exiger de preuve. Des lésions inexpliquées chez un enfant qui sursaute quand un proche parle peuvent constituer un soupçon raisonnable.
Une idée à la foisIdée 1 / 5

En une phrase La Déclaration de 1959 s’ouvre sur l’égalité de tous les enfants et dispose autour de ce premier principe neuf autres principes ; le deuxième fait l’objet de la note suivante.

Tout enfant détient les mêmes droits, sans discrimination

La Déclaration de 1959 relative aux droits de l’enfant commence par l’égalité : tous les enfants sont égaux et doivent être traités équitablement, sans aucune discrimination fondée sur la race, la religion, le pays d’origine ou le sexe. Autour de cette première affirmation, le texte dispose neuf autres principes, et le deuxième d’entre eux gouverne toute décision ultérieure prise pour un enfant. Lisez cette liste comme une seule idée : l’enfant n’est pas un petit adulte qui recevra des droits plus tard, ni une propriété de sa famille. L’enfant détient déjà des créances que les adultes doivent honorer, et ce devoir pèse ensemble sur les parents, la société et les pouvoirs publics.

Par exemple

Une famille ne peut refuser d’envoyer un enfant à l’école élémentaire simplement parce que son travail est utile à la maison ; ce droit appartient à l’enfant.

Petite vérification

Pourquoi la Déclaration commence-t-elle par l’égalité plutôt que par la protection ?

Afficher la réponse

Parce qu’une protection accordée à certains enfants et refusée à d’autres n’est pas un droit mais une faveur. L’égalité est affirmée d’abord pour que chaque principe suivant — protection, éducation, santé, sauvetage — soit dû à tout enfant, quelles que soient la famille, l’ethnie, la religion ou le revenu.

Lire les explications détaillées
De la proclamation au traité : le texte de 1959, la Convention de 1989 et la méprise de Monrovia

Le document que résument les notes est une proclamation, non une loi. Le texte de 1959 a été adopté par l’Assemblée générale des Nations unies sous la résolution 1386 (XIV) du 20 novembre 1959, et une résolution de l’Assemblée ne crée pas à elle seule des obligations sanctionnables pour un gouvernement. Tel est le statut normal d’une déclaration : elle énonce des normes, elle porte un poids moral et politique, et les tribunaux, les ordres professionnels et les ministères s’en servent ensuite comme mesure de ce qu’un État a promis. Ses dix principes vont de l’égalité — tous les enfants sont égaux et doivent être traités équitablement, sans discrimination fondée sur la race, la religion, le pays d’origine ou le sexe — aux possibilités et facilités, par la loi et par d’autres moyens, offertes à l’enfant pour se développer physiquement, mentalement, moralement, spirituellement et socialement de façon saine et normale et dans des conditions de liberté et de dignité, jusqu’à un nom et une nationalité dès la naissance, la sécurité sociale et les soins de santé pour l’enfant et sa mère, des soins particuliers à l’enfant handicapé, l’amour et la sécurité familiale, un enseignement élémentaire gratuit et obligatoire, le sauvetage en cas de catastrophe, la protection contre la cruauté, l’exploitation et la négligence, et une éducation dans l’esprit d’amitié et de paix. Les principes lient donc l’infirmier autrement qu’un code pénal. Ils ne menacent d’aucune amende ; ils définissent la norme à l’aune de laquelle la conduite, la politique institutionnelle et la législation sont jugées. Cette distinction dissipe la confusion du débutant lorsqu’un même texte est qualifié de droit sans être directement invocable devant un tribunal. Trois décennies plus tard, le contenu s’est durci en traité. La Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée par l’Assemblée générale le 20 novembre 1989 et entrée en vigueur le 2 septembre 1990, a converti le vocabulaire de 1959 en obligations contraignantes pour les États qui l’ont ratifiée. Son article 3(1) fait de l’intérêt supérieur de l’enfant « une considération primordiale » dans toutes les décisions qui le concernent, alors que la déclaration de 1959 parlait de « la considération primordiale ». La différence est portée par l’article : une considération primordiale se pèse avec d’autres, tandis que la considération primordiale les surpasse. L’article 12 ajoute un second changement — l’enfant capable de se forger un avis a le droit de l’exprimer librement, et il doit être dûment pris en compte selon son âge et sa maturité. L’article 2 exige la non-discrimination et l’article 6 protège la survie et le développement ; ces quatre articles sont enseignés comme les principes généraux de la Convention. L’Afrique a produit son propre instrument, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, adoptée par l’Organisation de l’unité africaine en 1990 et entrée en vigueur le 29 novembre 1999. Une correction s’impose ici. Le titre des notes, « The Declaration of Human Rights by the US, Monrovia 1979 », est une méprise sur les États africains. Ce que la 16e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tenue à Monrovia, au Liberia, du 17 au 20 juillet 1979, a fait par la décision 155, c’est lancer la rédaction d’une charte africaine ; la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de l’Organisation de l’unité africaine — aujourd’hui l’Union africaine — a été adoptée à Nairobi en 1981 et est entrée en vigueur le 21 octobre 1986. Lue au pied de la lettre, cette méprise placerait l’origine d’un instrument africain aux États-Unis et en ferait perdre tout le sens.

Comment fonctionne une exception légale : seuil, voie et limite — et ce que l’examen prénuptial dépiste réellement

Une exception au secret professionnel n’est pas une permission ; c’est une règle avec un déclencheur, une voie et une limite. Le déclencheur est un fait qui franchit un seuil défini — un danger immédiat pour le patient ou pour autrui, un soupçon raisonnable de maltraitance d’un enfant, la notification d’une maladie contagieuse ou épidémique, une exigence légale, ou le recouvrement du paiement des services. La voie est l’autorité désignée par la loi : la police, le procureur, le service de protection de l’enfance ou l’autorité sanitaire, selon la situation. La limite est la nécessité : seules les informations nécessaires pour écarter le danger peuvent être transmises, et rien de plus. Un signalement rédigé pour protéger un enfant puis recopié à toute la salle de garde a dépassé l’exception et est devenu la divulgation même que la règle interdit. Le mot seuil est « raisonnable ». Le soupçon raisonnable n’exige ni preuve, ni aveu, ni diagnostic. Dans le cas de la protection de l’enfance, les notes décrivent précisément le déclencheur : un enfant présentant des lésions inexpliquées et paraissant effrayé par un parent ou un proche peut suffire, et le professionnel a alors le devoir légal de signaler le soupçon aux autorités. Le défaut de signalement est lui-même une infraction dans de nombreux systèmes juridiques (affirmation comparative attribuée dans les sources ci-dessous, et non disposition que les notes donnent pour le Cameroun), ce qui explique que le devoir soit qualifié d’obligatoire et non de facultatif, et que la répugnance personnelle de l’infirmier ne puisse le suspendre ; au Cameroun, le devoir sanctionnable repose sur le code d’éthique et sur le droit des infractions d’omission, car les notes ne citent aucun article réprimant le défaut de signalement. L’examen prénuptial illustre la même logique dans un cadre plus doux, et c’est ici que les notes doivent être corrigées. Elles définissent le dépistage prénuptial comme l’examen des couples qui projettent de se marier pour les troubles sanguins génétiques courants, puis donnent comme exemples « la drépanocytose et la thalassémie et la drépanocytose » — une répétition. Le contenu standard est celui des hémoglobinopathies, la drépanocytose et les thalassémies, associées au dépistage des maladies infectieuses telles que l’hépatite B, l’hépatite C et le VIH. Le mécanisme juridique est le consentement. Si le professionnel n’a été consulté que par l’un des deux fiancés, il doit le secret à la personne qui l’a consulté. Si le couple consulte ensemble et accepte de se communiquer les résultats avant le mariage, il n’y a plus de secret entre eux, car les titulaires du secret y ont renoncé l’un envers l’autre. Le certificat obéit à une règle encore plus simple : il est demandé par l’intéressé et doit lui être remis ; le médecin qui le rédige n’est pas tenu au secret envers son propre client, et la divulgation du certificat ne peut venir que du patient lui-même. Les déclarations légales complètent la liste : déclarations de décès et de maladies contagieuses ou épidémiques, et dénonciation de crimes tels que l’empoisonnement, la maltraitance, les coups et blessures sur la personne d’un enfant, la séquestration et l’avortement criminel.

Ce que le serment infirmier promet réellement, et pourquoi sa clause de non-discrimination est une règle

Le serment est un type particulier de promesse, et sa forme explique sa force. Les notes le définissent comme un engagement solennel, invoquant souvent un témoin divin, pris devant une assemblée de personnes et devant Dieu ou « devant sa conscience ». Son objet est la conduite future, non un fait passé. Parce qu’il est juré, sa violation n’est pas une simple infraction au règlement d’un employeur : les notes indiquent qu’elle peut avoir de graves répercussions psychologiques et même juridiques. C’est pourquoi le candidat est invité à réfléchir, à méditer et à s’auto-évaluer avant de le prononcer, et à se retirer immédiatement s’il ne peut le tenir — le refus honnête de jurer est jugé préférable à un faux serment. Le contenu du serment se répartit ensuite en un petit nombre d’engagements qu’il vaut la peine de distinguer. Le premier est l’intégrité personnelle : le soignant promet une vie exemplaire, loyale et irréprochable. Le second est la fidélité à la profession : il s’engage à remplir fidèlement les devoirs de sa charge et à observer le code d’éthique et de déontologie qui la régit, sans en violer aucun élément. Le troisième est l’abstention de nuire : il ne participera à aucune pratique criminelle ou nuisible, ne fera rien qui porte atteinte aux personnes qui lui sont confiées, et n’administrera pas délibérément de remède dangereux. S’y ajoutent la compétence — le devoir de mettre à jour ses connaissances à mesure que la science évolue et de participer à la recherche — et le secret professionnel, présenté comme la condition de la confiance du patient. Figure aussi une clause de collaboration loyale avec les autres membres de l’équipe de santé pour le bien du patient et de la population. Ce principe trouve sa conclusion pratique dans la clause sur le bien-être de ceux qui sont laissés de côté, sans aucune discrimination. Elle nomme une population — l’enfant, la personne âgée, le patient qui n’a personne pour parler pour lui, celui qui ne peut pas payer — et elle transforme leur bien-être en devoir professionnel correspondant à un droit détenu par le patient. Au-delà des notes fournies, le texte généralement associé à cette tradition est le serment de Nightingale, rédigé en 1893 par Lystra Gretter pour l’école infirmière du Harper Hospital de Detroit ; c’est une composition plus tardive, et non un texte de Florence Nightingale elle-même, précision historique qui compte car le serment lui est souvent attribué à tort. L’usage pratique de la clause est celui d’une norme de jugement. Là où un service promet des soins pour tous mais trie discrètement les patients selon la capacité de payer, le rang social ou la volonté des proches de se plaindre, la promesse n’est pas une décoration : c’est la règle à l’aune de laquelle le tri est mesuré, et c’est pourquoi cette section traite les droits des patients les plus faibles comme une obligation professionnelle et non comme un acte de bonté.

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Qui est protégé, et quand le secret cède

Trois groupes de patients détiennent des droits faciles à oublier ; le panneau central énumère les situations où la loi autorise le partage de leurs informations ; le bas du schéma porte la clause du serment qui fonde tout le devoir. Sélectionnez une partie pour lire ce qu’elle est et pourquoi elle compte.

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01 / 5L’enfant, titulaire de droits

Qui est protégé, et quand le secret cèdeTrois groupes de patients détiennent des droits faciles à oublier ; le panneau central énumère les situations où la loi autorise le partage de leurs informations ; le bas du schéma porte la clause du serment qui fonde tout le devoir. Sélectionnez une partie pour lire ce qu’elle est et pourquoi elle compte.Des droits qui ne dépendent ni de l’âge ni de la forcela Déclaration de 1959 · le malade · la personne âgéeL’enfantdix principes, un titulaire de droitségalité, nom, nationalitésanté, sécurité sociale, éducationsauvetage, protection contre la maltraitanceLe maladela fragilité élève le devoirinformation et consentementaucun soin refusé pour pauvretéle droit de se plaindre et d’être entenduLa personne âgéehandicap et maltraitance des aînésaptitude évaluée par décisionun proche est un tiersaucune discrimination dans le sermentLa confidentialité : la règle, puis les exceptions nomméesla règle ordinairele secret appartient au patientla famille n’en est pas propriétairele consentement décide qui peut savoirdemandez : qui a le droit de décider ?les exceptions prévuesdanger immédiat pour soi ou autruisuspicion de maltraitance d’un enfantépidémie, paiement, obligation légaleminimum, autorité désignée, consignéLa clause du serment qui fonde le devoirle soignant s’engage envers ceux qui sont laissés de côté, sans aucune discriminationnon une charité — un devoir professionnel

Si le schéma dépasse ce cadre, faites-le défiler latéralement. Les repères restent lisibles ; les explications numérotées ci-dessous présentent les mêmes idées.

L’enfant, titulaire de droits

L’enfant n’est pas un petit adulte qui attend des droits, ni la propriété de sa famille. La Déclaration de 1959 relative aux droits de l’enfant commence par l’égalité — aucune discrimination fondée sur la race, la religion, l’origine ou le sexe — puis énumère la protection, le nom et la nationalité, la santé et la sécurité sociale, l’éducation, le sauvetage en cas de catastrophe et la protection contre la cruauté et la négligence. Le deuxième principe ajoute la règle de décision : l’intérêt supérieur de l’enfant est la considération primordiale. Dans le service, cela signifie que le bien de l’enfant prime sur la commodité des parents, du service ou d’un protocole de recherche.

Schéma pédagogique, non une procédure juridique. La liste des exceptions est présentée telle que les notes la donnent ; l’autorité à saisir, le seuil et le délai sont fixés par la loi de chaque pays, et le droit national prévaut toujours sur ce schéma.

Points clés à retenir

  • La Déclaration de 1959 relative aux droits de l’enfant énonce dix principes ; le premier est l’égalité, et le second fait de l’intérêt supérieur de l’enfant la considération primordiale dans les lois qui le concernent.
  • L’enfant détient des droits et n’est pas la propriété de sa famille ; le devoir de les satisfaire pèse ensemble sur les parents, la société et les pouvoirs publics.
  • La maladie, le handicap et l’âge modifient la quantité d’aide due, jamais le nombre de droits détenus ; le serment infirmier engage le soignant envers le bien-être de ceux qui sont laissés de côté, sans aucune discrimination.
  • La confidentialité appartient au patient, et la loi nomme les rares exceptions — danger immédiat, maltraitance présumée d’un enfant, maladie transmissible, paiement, obligation légale — chacune avec un seuil, une autorité désignée, une divulgation minimale et une trace écrite.
Approfondir

Exemple travaillé

Un enfant avec une fracture qui ne correspond pas au récit. Yann, 11 ans, est amené aux urgences par sa mère et le compagnon de celle-ci pour un avant-bras gauche gonflé. La radiographie montre une fracture. La mère dit qu’il est tombé de bicyclette ; Yann ne dit rien et fixe le sol. Quand le compagnon parle, Yann sursaute et retire son bras. En l’aidant à se déshabiller, l’infirmier remarque des ecchymoses plus anciennes, à des stades de guérison différents, sur le bras et le dos.

  1. Séparez la question clinique de la question juridique, et nommez les deux. Sur le plan clinique, il s’agit d’immobiliser et de traiter la fracture. Sur le plan juridique et éthique, il s’agit de savoir si les faits et les lésions constituent un soupçon raisonnable de maltraitance, car la réponse détermine un devoir, non une préférence.
  2. Examinez et consignez avant de décider quoi que ce soit. Observez l’enfant en entier, notez la taille, le siège, la couleur et l’âge de chaque marque, et demandez à Yann, hors la présence des adultes, ce qui s’est passé dans ses propres mots. Les deux versions n’ont pas besoin de concorder pour agir ; leur divergence est elle-même un fait à consigner.
  3. Pesez la décision avec la norme de l’intérêt supérieur et le droit de l’enfant à être entendu. Yann a 11 ans et peut se forger un avis ; sa version doit être recueillie et prise en compte selon son âge et sa maturité. Un parent ne peut pas consentir à ce que son enfant soit maltraité : le refus familial d’un signalement ne clôt donc pas la question.
  4. Appliquez l’exception légale selon sa procédure. Le soupçon déclenche le devoir de signaler à l’autorité désignée par la loi, généralement le service de protection de l’enfance ou la police, avec le minimum d’informations nécessaires à la protection de l’enfant, et le signalement est daté et consigné au dossier. Ne téléphonez pas à l’auteur présumé, ne demandez pas l’autorisation à la famille et ne retardez pas les soins cliniques pour rédiger le signalement.
  5. Continuez à soigner l’enfant pendant la procédure. Yann a encore besoin d’antalgiques, d’un lieu d’attente sûr, d’un adulte de confiance et d’une explication claire et honnête de la suite. Le protéger, c’est aussi ne pas le renvoyer chez une personne potentiellement dangereuse, et ne pas le traiter comme un dossier plutôt que comme un garçon effrayé.

La fracture est traitée, les marques sont consignées, Yann est entendu, et un signalement est adressé à l’autorité désignée avec ce que la protection exige seulement. Personne dans l’équipe n’avait à décider si le compagnon était coupable ; l’équipe devait décider si les faits franchissaient le seuil du soupçon raisonnable, et c’est le cas. Remarquez la répartition des rôles : le clinicien soigne, la loi fixe le seuil et la voie, et l’infirmier veille à ce que les deux aient lieu et soient consignés.

Idée fausse fréquente

L’erreur la plus fréquente est de croire que l’enfant appartient à ses parents, que ceux-ci possèdent donc ses informations et peuvent tout accepter, refuser ou dissimuler en son nom. L’enfant détient des droits que les parents exercent avec lui et pour lui, et non des droits que les parents possèdent. C’est pourquoi l’intérêt supérieur de l’enfant est la considération primordiale, et pourquoi un parent ne peut consentir ni à la maltraitance, ni au refus d’un traitement vital, ni à la dissimulation d’une lésion. Une seconde erreur va en sens inverse : le débutant croit que l’infirmier qui rompt le secret a simplement pris une décision personnelle, selon l’intensité de son ressenti. C’est faux. Les exceptions sont définies, leur seuil est factuel, et le signalement s’adresse à une autorité désignée avec le minimum d’informations nécessaires. L’infirmier qui divulgue trop, ou à la mauvaise personne, a manqué au même devoir que celui qui ne divulgue rien.

Vérifiez votre raisonnement

Pensez à une consultation à laquelle vous avez assisté, où un proche répondait à toutes les questions à la place d’une personne âgée — ce qui fait mal, ce qu’elle mange, si elle accepte l’injection — tandis que la patiente ne disait rien. Quelqu’un a-t-il interrogé la patiente directement ? Que vous aurait-il fallu savoir avant de décider qui avait le droit de décider ?

Afficher une réponse

La réponse habituelle est que personne n’a parlé à la patiente, et que le proche n’était ni malveillant ni exceptionnel — la consultation était simplement plus rapide ainsi. Pour décider qui avait le droit de décider, il faudrait trois éléments : si la patiente pouvait comprendre et exprimer un choix, si elle avait un représentant légal, et ce qu’elle voulait elle-même. Une patiente lente ou silencieuse n’est pas pour autant incompétente, et l’aptitude s’apprécie décision par décision : elle peut être incapable de gérer ses finances et parfaitement capable de refuser une injection. L’habitude à acquérir est d’abord de s’adresser à la patiente, d’offrir au proche un rôle de soutien plutôt que de porte-parole, et de consigner ses propres mots même lorsqu’ils sont rares.

D’où vient ce contenu

  • BMS 115 Health Care Ethics lecture notes (Mme Bakume Jessey) · Chapter 3, section D — 1959 Declaration of the Rights of the Child, the ten principles (notes 196–206); Monrovia heading and Decision 155 (notes 192–194)
  • BMS 115 Health Care Ethics lecture notes (Mme Bakume Jessey) · Special circumstances of disclosure of professional secrecy (notes 327–341): minors, disability, elder abuse, payment, communicable disease, premarital examination, certificates, statutory exceptions
  • BMS 115 Health Care Ethics lecture notes (Mme Bakume Jessey) · Chapter IX — Analysis and synthesis of the National Florence Nightingale oath (notes 398–401): the oath as a solemn undertaking and the commitment to the welfare of those who are left without any discrimination
  • United Nations, Declaration of the Rights of the Child (1959) and Convention on the Rights of the Child (1989) · General Assembly resolution 1386 (XIV), 20 November 1959; Convention adopted 20 November 1989, in force 2 September 1990 — Article 2 (non-discrimination), Article 3(1) (best interests as a primary consideration), Article 6 (survival and development), Article 12 (the child’s right to be heard)
  • Organisation of African Unity, African Charter on Human and Peoples’ Rights (adopted at Nairobi in 1981, in force 1986) · correction of the notes’ ‘Declaration of Human Rights by the US, Monrovia 1979’ — Decision 155, 16th Ordinary Session of the Conference of Heads of State and Government, Monrovia, 17–20 July 1979, launched the drafting; the charter was adopted at Nairobi in 1981 and entered into force on 21 October 1986; the source also covers the African Charter on the Rights and Welfare of the Child (1990, in force 29 November 1999)
  • Comparative child-protection legislation on mandatory reporting (beyond the supplied notes) · the comparative claim that a failure to report a reasonable suspicion of child abuse is itself an offence in many legal systems. The supplied notes name no failure-to-report provision for Cameroon, where the enforceable duty rests on the code of ethics and on the general law of offences by omission.
  • Lystra Gretter, the Nightingale Pledge (1893) · corrected attribution — the pledge often linked to the Florence Nightingale oath was written in 1893 by Lystra Gretter for the Harper Hospital nursing school in Detroit, and is not a text of Nightingale herself; and correction of the notes’ duplicated ‘sickle cell anemia and thalassemia and sickle cell anemia’ in the premarital screening definition

La progression des leçons est enregistrée sur cet appareil pour l’apprenant actuel. Les réponses d’entraînement restent séparées et ne sont pas conservées.

À propos de ce cours et de ses sources

Leçons bilingues organisées à partir des notes de cours BMS 115 Éthique des soins de santé fournies (Mme Bakume Jessey, Institut Universitaire Saint Louis de Douala) et des textes internationaux que ces notes reproduisent — Déclaration universelle des droits de l’homme 1948, Pacem in terris 1963, Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (rédaction lancée à Monrovia en 1979 par la décision 155 ; adoptée en 1981 ; entrée en vigueur le 21 octobre 1986), Déclaration des droits de l’enfant 1959, codes du CII de 1953 et 1973, et code camerounais d’éthique du 3 mars 1989. Les notes guidées courtes et les panneaux « Lire les explications détaillées » remplissent deux fonctions distinctes : les notes énoncent une idée simplement, et les panneaux détaillés ajoutent mécanismes, vocabulaire et jugement travaillé que les notes ne contiennent pas. Les schémas sont des illustrations pédagogiques originales. La révision en éthique, en soins infirmiers et en français est en attente.