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BMS 115 · Tronc communSection 1.2 · Fondements de l’éthique des soins de santé
Section 2 sur 15

La personne humaine et sa dimension éthique

Expliquer ce que les notes entendent par personne, décrire les cinq aspects de la personne humaine — singularité ontologique, être-au-monde, être avec les autres, historique et en progrès, ouvert à la transcendance — et en déduire le respect éthique qu’ils exigent.

Nouveau dans ce cours ? Comment fonctionne chaque section
  1. Apprendre présente une seule idée courte à la fois. Chaque idée commence par une phrase simple, puis l’explique, donne un exemple et vous pose une petite question à laquelle vous pouvez répondre tout de suite.
  2. Explorer montre un schéma des mêmes idées. Cliquez sur les parties numérotées pour lire ce que chacune représente.
  3. Vérifier pose quelques questions. Répondez correctement à toutes pour terminer la section et débloquer la suivante.
  4. « Approfondir » est facultatif. Il ajoute le mécanisme et des détails pour quand vous serez prêt — aucune notion nécessaire aux questions n’y est cachée.
Pourquoi c’est important

Chaque règle que vous apprendrez ensuite — consentement, confidentialité, vérité, respect de la vie — repose sur une réponse à une question qu’on ne vous a probablement jamais posée à voix haute : qu’est-ce qu’une personne ? Si le patient n’est qu’un corps porteur d’un problème, alors le laver, le retourner et le médicamenter épuisent votre devoir. Si le patient est l’être que décrivent les notes, alors ces mêmes actes s’adressent à quelqu’un qui pense, qui appartient à une famille, qui a une histoire et qui peut tenir un sens plus grand que son diagnostic. Cette section donne cette réponse, et montre aussi pourquoi elle est disputée : toute définition de la personne a servi quelque part à décider qui est inclus et qui peut être discrètement exclu.

Ce qu’il faut savoir avant

Aucune philosophie n’est nécessaire. Apportez une habitude que vous avez déjà : devant un patient, vous remarquez des choses que son dossier ne contient pas — sa manière de parler, les personnes qu’il réclame, ce qu’il craint de perdre. Cette section organise simplement ces observations et montre ce qui en découle.

Mots à connaître (5)
Personne
Un être doué de capacités telles que la raison, la moralité et la conscience, et qui appartient à des relations sociales culturellement établies comme la parenté, la propriété ou la responsabilité juridique. Un patient ayant perdu la parole après un accident vasculaire cérébral reste une personne, car la qualité de personne n’est pas un examen à repasser sans cesse.
Singularité ontologique
L’affirmation que chaque personne humaine est unique en son genre : un individu rationnel et libre, seule maîtresse de ses actes, à la fois corps et âme. Deux patients porteurs du même diagnostic reçoivent des plans de soins différents parce que chacun est une personne singulière, avec sa situation propre.
Être-au-monde
La condition d’une personne qui vit dans le monde, communique avec lui, s’ouvre à lui et peut le transformer par son travail, tout en découvrant des exigences physiques et morales. Un agriculteur hospitalisé est séparé de son champ, de ses bêtes et de ses revenus, et cette séparation fait partie du tableau clinique.
Transcendance
L’ouverture de la personne humaine à une destinée et à un sens qui dépassent le monde observable ; pour les notes, la foi révèle le sens complet de son être. Un patient demande un aumônier avant une opération risquée, et cette demande relève de ses soins, non d’un service à part.
Réciprocité du je et du tu
L’avertissement des notes selon lequel la personne advient dans l’échange entre un je et un tu, de sorte que la référence à la personne ne se lit jamais comme un individualisme étroit. Demander au patient ce qu’il souhaite et, avec son accord, associer ceux qui le soigneront chez lui respecte la réciprocité.
Une idée à la foisIdée 1 / 7

En une phrase Une personne n’est pas seulement un corps vivant : elle a des capacités comme la raison, la moralité et la conscience, et elle appartient à des relations sociales telles que la parenté, la propriété ou la responsabilité juridique.

La personne est un être doué de raison, de moralité et de conscience

Les notes commencent par une définition, avant toute règle : une personne, homme ou femme, est un être qui possède certaines capacités ou attributs tels que la raison, la moralité et la conscience, et qui fait aussi partie d’une forme culturellement établie de relations sociales — la parenté, la propriété d’un bien, la responsabilité juridique. L’approche philosophique considère la personne humaine comme le sujet de l’action morale et pose deux questions au soignant : qui est cet homme ou cette femme dont vous devez prendre soin, et que savez-vous de vous-même ? L’injonction grecque « connais-toi toi-même » n’est pas un ornement : elle demande au professionnel d’examiner ce qu’il apporte lui-même au chevet du malade.

Par exemple

Un patient qui ne peut plus parler après un accident vasculaire cérébral reste une personne : ses capacités et ses liens sociaux n’ont pas disparu avec la parole. L’équipe doit donc trouver un autre moyen de savoir ce qu’il souhaite, en interrogeant la famille et en lisant le dossier.

Petite vérification

Une patiente atteinte de démence avancée ne peut plus raisonner et ne gère plus ses biens. Cesse-t-elle d’être une personne selon cette définition ?

Afficher la réponse

Non. La définition énumère des capacités et des relations sociales comme ce qu’une personne possède, et non comme un examen qu’elle devrait continuer de réussir. Perdre la raison ou ses biens change ce qu’elle peut faire ; cela ne la retire pas de la famille humaine et n’annule pas le respect qui lui est dû. La difficulté des cas limites commence lorsqu’on lit cette liste comme une grille d’évaluation.

Lire les explications détaillées
Comment s’est construit le mot personne : Boèce, Kant et les articles des droits humains

La définition que vous venez de lire n’a pas été inventée pour les soins infirmiers. Au VIe siècle, Boèce a défini la personne comme une substance individuelle de nature raisonnable — persona est rationalis naturae individua substantia — et cette formule est passée de la théologie au droit. Deux conséquences en découlent. D’abord, la rationalité est devenue le critère de qui compte, ce qui explique pourquoi les philosophes discutent encore des cas limites : le nouveau-né, la personne atteinte de démence avancée, le malade en état végétatif, là où la capacité de raisonner ne s’observe pas. Ensuite, cette capacité a été associée à une valeur inconditionnelle. Kant a formulé cette association comme une règle pratique : agis de telle sorte que tu traites l’humanité, dans ta personne comme dans celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. Remarquez ce que la règle interdit : se servir d’un patient comme instrument pour l’enseignement, pour la recherche, pour la réputation du service ou pour la tranquillité de la famille. Le droit positif a depuis inscrit la même idée dans des textes contraignants. L’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée à Paris en 1948, énonce que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits et sont doués de raison et de conscience. L’article 2 interdit toute distinction, notamment fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l’opinion politique, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, en vigueur depuis 1976, ajoute en son article 10 que toute personne privée de sa liberté doit être traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine. La conséquence clinique est concrète : plus votre appel à la dignité reste vague, plus il est facile de le contourner. Nommer l’article, la capacité en jeu ou la formule kantienne donne à l’équipe un argument examinable et une décision qu’un comité ou un tribunal peut relire.

Des cinq aspects au service : douleur totale, modèle de la dignité et plan de soins

Les cinq aspects ne sont pas un ornement de cours magistral ; chacun possède un instrument que les infirmiers utilisent déjà. Cicely Saunders, qui travailla au St Christopher’s Hospice de Londres à partir de 1967, a observé que la souffrance n’arrive pas d’un seul bloc et a décrit la douleur totale comme la somme de quatre composantes en interaction : physique, psychologique, sociale et spirituelle. Ces quatre dimensions recouvrent directement les aspects — le corps et sa singularité, la vie intérieure, les relations, et l’ouverture à la transcendance — et ne traiter que la composante physique explique l’échec fréquent où l’analgésie est suffisante et où le patient souffre encore. Le deuxième instrument est le modèle de la dignité publié par Harvey Chochinov et ses collègues en 2002 à partir d’entretiens avec des personnes en phase terminale. Il soutient que la dignité est maintenue ou minée par les préoccupations liées à la maladie, par un répertoire de soi préservé et par un inventaire social de la dignité, et il est enseigné aux cliniciens au moyen du repère mnémotechnique ABCD — attitude, comportement, compassion, dialogue. Le troisième instrument est le processus de soins lui-même, le cycle évaluation, diagnostic, planification, mise en œuvre et réévaluation. L’évaluation est le moment où l’affirmation philosophique devient une obligation : on ne peut consigner un besoin spirituel, la peur d’être un fardeau ou un conflit familial que si on les interroge, et ce qui n’est pas consigné n’est pas planifié. Les outils font donc des travaux différents. La douleur totale indique quelles dimensions rechercher. Le modèle de la dignité indique ce qui menace la valeur de la personne. Le plan de soins transforme les deux en actions nommées, avec une date de réévaluation. Un étudiant capable de passer d’un outil à l’autre peut expliquer, en transmission, pourquoi un patient médicalement stable continue de se dégrader.

L’erreur habituelle : couper la personne en deux, et le regard qui chosifie

Dès qu’on définit une personne comme une substance pensante jointe à une machine, un service peut tranquillement ne soigner qu’une moitié. René Descartes a rendu cette coupure explicite au XVIIe siècle : la res cogitans, la chose qui pense, et la res extensa, la chose étendue dans l’espace, étaient pour lui deux genres distincts de substance. L’objection n’est pas que Descartes était sot, mais que cette image est instable, car un être humain ne se vit pas comme un pilote dans une cabine. La conséquence infirmière est un regard qui chosifie : le corps sur le brancard est remis, lavé, retourné et médicamenté sans que personne ne s’adresse à l’occupant. Remarquez que la faute n’est pas la cruauté ; c’est une habitude, et elle survit parce qu’elle est efficace. Le correctif est l’incarnation : le corps n’est pas quelque chose qu’une personne possède, il est la manière dont elle est présente au monde ; laver un patient, installer un membre ou poser une sonde sont donc des actes de relation et ne peuvent pas être délégués à la technique. Deux vérifications attrapent l’habitude avant qu’elle ne devienne un dommage. La première est linguistique : relisez votre transmission à voix haute et comptez les phrases où le patient est sujet grammatical plutôt qu’objet d’une tâche. La seconde est procédurale : tout soin intime est précédé d’une explication et d’une invitation, et le refus du patient — même celui d’une toilette — est consigné et entendu, non écarté pour commodité. Le consentement ne s’épuise pas dans la signature d’un formulaire chirurgical ; il se renouvelle à chaque contact.

Explorez le schéma

Observez d’abord le dessin entier. Puis sélectionnez une partie numérotée et reliez-la à l’idée que vous venez de lire.

La personne humaine : cinq aspects et une exigence éthique

Un seul être, décrit sous cinq angles que les notes de cours nomment l’un après l’autre. Sélectionnez une partie pour lire ce qu’elle affirme et ce qu’elle change au chevet du malade.

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  1. Regardez d’abord le dessin entier sans rien cliquer. Demandez-vous seulement : de quel type d’image s’agit-il (comparaison, trajet, séquence, tableau) ?
  2. Appuyez sur Lire, ou utilisez les flèches, pour parcourir les parties numérotées dans l’ordre. Le dessin reste fixe ; seul le repère se déplace.
  3. Cliquez sur un numéro, ou sur son nom dans la liste ci-dessous, pour lire ce qu’est cette partie et pourquoi elle compte. Utilisez « Masquer les repères » pour tester votre mémoire.
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01 / 7La personne humaine

La personne humaine : cinq aspects et une exigence éthiqueUn seul être, décrit sous cinq angles que les notes de cours nomment l’un après l’autre. Sélectionnez une partie pour lire ce qu’elle affirme et ce qu’elle change au chevet du malade.La personne humaineUn seul être, cinq aspectsSingularité ontologiqueUnique · rationnelle · libreÊtre-au-mondeExigences physiques et moralesÊtre avec les autresDialogue · amour · liens sociauxHistorique et en progrèsUn être vivant, non un fait figéOuvert à la transcendanceFoi et sens de l’êtreLa dimension éthiqueVie · liberté · véritéJustice pour tous

Si le schéma dépasse ce cadre, faites-le défiler latéralement. Les repères restent lisibles ; les explications numérotées ci-dessous présentent les mêmes idées.

La personne humaine

Tout, sur ce schéma, dépend de cette bande. Les notes font de la personne humaine le sujet de l’action morale et posent deux questions au soignant : qui est cet homme ou cette femme dont vous devez prendre soin, et que savez-vous de vous-même ? L’injonction grecque « connais-toi toi-même » n’est pas un ornement : elle vous demande d’examiner ce que vous apportez dans la chambre avant de toucher qui que ce soit. Remarquez la grammaire du soin : c’est la personne, et non la maladie, qui est le sujet de la phrase.

Schéma pédagogique. Les cinq aspects décrivent la même personne ; la ligne commune relie chacun à cette personne. Les numéros désignent les explications sélectionnables, non des étapes ni des personnes distinctes.

Points clés à retenir

  • Une personne est un être doué de raison, de moralité et de conscience, inséré dans des relations sociales culturellement établies ; la première question du soignant est qui est cette personne, non quelle maladie elle a.
  • Les notes décrivent cinq aspects : la singularité ontologique (unique, rationnelle, libre, corps et âme) ; l’être-au-monde (ouvert au monde et transformé par le travail) ; l’être avec les autres (dialogue et vocation universelle à aimer) ; l’historique et le progrès (non un fait figé) ; l’ouverture à la transcendance (une destinée et un sens au-delà de l’observable).
  • Parce que les sujets humains partagent une même nature au-delà de leurs différences, les mêmes valeurs peuvent être recherchées pour tous, et la personne advient dans la réciprocité du je et du tu plutôt que dans un individualisme étroit.
  • La dimension éthique de la personne est le respect : respect de la vie, de la liberté, de la recherche de la vérité et de la justice pour tous — et chacun découle de ce qu’est la personne, non d’une préférence.
Approfondir

Exemple travaillé

La grand-mère qui tient à rentrer seule chez elle. Mme A., 74 ans, est une institutrice retraitée, veuve, qui vit seule dans la concession familiale. Elle tient un petit commerce dans sa pièce de devant et c’est elle qui paie les frais de scolarité secondaire de son petit-fils. Elle a été admise après une chute ; elle présente une fracture du poignet et une hypertension récemment diagnostiquée. Elle est médicalement prête à sortir, mais son fils veut la faire emménager chez lui, dans une autre région, pour qu’elle ne reste pas seule. Mme A. refuse : la concession est le lieu où son mari est enterré, le commerce est son revenu, et elle se rend à la messe là-bas chaque matin ; elle dit vouloir mourir dans sa propre maison. Elle est orientée et répond de façon cohérente, mais elle a égaré ses lunettes de lecture deux fois et ne sait pas encore comment elle se rappellera ses nouveaux comprimés.

  1. Partez du sujet et évaluez la décision, non le diagnostic. Établissez ce qu’elle comprend de la sortie, ce qu’elle peut reformuler et si elle mesure les conséquences de la vie seule. Elle peut communiquer un choix, comprendre le projet et raisonner à partir de lui : elle a donc la capacité de décider, et ce constat est consigné au dossier. Il tranche la suite du cas : parce qu’elle a la capacité, aucune procédure formelle de meilleur intérêt n’est ouverte et le comité d’éthique n’est pas la voie à suivre — c’est sa volonté exprimée qui gouverne.
  2. Lisez la sortie à travers son monde. L’obstacle n’est pas l’hôpital, mais le commerce, les frais de scolarité et le trajet jusqu’à la messe. Demandez ce qu’elle peut encore faire avec un poignet en cours de consolidation, qui peut porter la marchandise ou tenir la boutique et à quelle distance se trouve le poste de santé. La réponse détermine qui l’équipe contacte ensuite : le commerce étant son revenu et le poste de santé son suivi, l’équipe demande au fils et à la paroisse d’organiser un soutien concret et rédige une orientation vers le poste de santé local, au lieu de la renvoyer simplement chez elle.
  3. Prenez ses relations au sérieux, et trouvez la limite. Elle n’a pas dit à son fils qu’elle est hypertendue, et c’est lui qui propose de la faire emménager chez lui. Demandez-lui précisément ce qui peut lui être dit. La pression familiale pesant déjà sur la sortie, ce constat modifie l’étape suivante : si elle refuse la divulgation, l’infirmier donne au fils des informations générales sur la convalescence et renégocie explicitement la confidentialité ; le projet de soins se construit alors autour de ce qu’elle a autorisé, et non de ce que la famille suppose.
  4. Traitez le projet comme un moment d’une histoire, non comme un verdict. Un poignet guérit, la tension se stabilise et la mémoire des nouvelles habitudes s’améliore avec du soutien. Fixez une date de réévaluation et choisissez des aides simples — pilulier, rappel par une voisine, rendez-vous de suivi — car cette réponse devient la clause de réévaluation du projet. Le point n’est pas qu’elle décline, mais que ce qu’elle pourra faire le mois prochain peut différer d’aujourd’hui.
  5. Traitez la transcendance et refermez la boucle avec ce que les étapes précédentes ont décidé. Demandez ce que sa foi exige et ce que la concession représente pour elle, consignez ses propres mots et faites une place au prêtre qu’elle désigne. Parce que l’étape 1 a établi sa capacité, le projet suit sa volonté ; parce que l’étape 3 a fixé ce qui peut être dit au fils, l’entretien familial repose sur cette autorisation ; aucun comité d’éthique n’est saisi, et la seule condition restante est la date de réévaluation de l’étape 4.

L’équipe ne passe pas outre sa volonté et ne l’abandonne pas à un projet qu’elle ne pourra pas tenir. La sortie suit sa volonté exprimée puisqu’elle a la capacité ; son fils ne reçoit que ce qu’elle a autorisé ; la boutique, la paroisse et le poste de santé se voient confier des rôles nommés ; et une date de réévaluation transforme l’arrangement en quelque chose de vérifiable. Ce que les cinq aspects changent ici, c’est l’enchaînement des décisions : le constat de capacité écarte le comité, la réponse sur le commerce détermine qui l’équipe contacte, et l’attitude de la famille détermine la manière de traiter la confidentialité. C’est la démarche, et non le verdict, que l’infirmier maîtrise.

Idée fausse fréquente

L’erreur du débutant est d’entendre l’expression « la personne humaine » comme de la philosophie abstraite, bonne pour l’examen et disparue à la porte du service. C’est l’inverse : les cinq aspects constituent le contenu le plus pratique du chapitre. La deuxième erreur, plus difficile à voir, consiste à traiter la personne comme un individu autosuffisant, propriétaire de ses choix, de sorte que le respect consisterait à la laisser seule avec eux. Les notes refusent explicitement cette lecture : la personne advient dans la réciprocité du je et du tu, et le soin est donc une relation, non une transaction. Une troisième erreur découle de la première : le débutant imagine que la dignité se mérite par les capacités, si bien qu’un patient qui ne peut plus raisonner, parler ou travailler aurait moins de droits sur nous. Si la dignité dépendait des capacités, le service devrait classer ses patients chaque matin ; les notes la reconnaissent à l’être humain en raison de ce qu’il est.

Vérifiez votre raisonnement

Pensez à un patient ou à un proche que vous avez vu traité comme un corps plutôt que comme une personne — un rideau laissé ouvert, une question restée sans réponse, un nom remplacé par un numéro de lit. Lequel des cinq aspects a été le plus clairement négligé : la singularité, le monde d’où il venait, les personnes qui l’entouraient, son histoire, ou le sens qu’il donnait à sa maladie ?

Afficher une réponse

La plupart des personnes constatent que plusieurs aspects ont été négligés à la fois, ce qui est normal : les aspects décrivent un seul être sous cinq angles, et non cinq devoirs séparés. Nommer celui qui comptait le plus dans cette scène transforme un souvenir d’indignité en action possible. S’il s’agissait de la singularité, vous vous présenteriez et utiliseriez le nom du patient. S’il s’agissait du monde, vous demanderiez à quoi il doit retourner. S’il s’agissait des proches, vous demanderiez qui doit être informé et avec l’accord de qui. S’il s’agissait de l’histoire, vous liriez les notes de la veille avant de parler. S’il s’agissait du sens, vous demanderiez ce que la maladie représente pour lui et vous accepteriez sa réponse telle quelle.

D’où vient ce contenu

  • BMS 115 Health Care Ethics lecture notes (Mme Bakume Jessey) · Chapter 1 — PHILOSOPHICAL CONCEPT (NOTION) OF THE MAN: ‘A PERSON’, the five aspects (ontological singularity; being-in-the-world; being with others; historical and in progress; open to transcendence), and ‘Concept of the man seen through its ethical dimension’ (source notes lines 34–50).
  • BMS 115 Health Care Ethics lecture notes — reading corrections used in this section · the notes’ ‘kingship’ (line 37) is read as kinship, parenté — a mistranslation of the French parenté; ‘man’ is used throughout the notes in the inclusive sense of the human person, as the heading ‘A PERSON (male or female)’ confirms; and ‘achive’ (line 44) is read as achieve.
  • Universal Declaration of Human Rights (UN General Assembly, Paris, 1948) and International Covenant on Civil and Political Rights (in force 1976) · UDHR Articles 1 and 2 and ICCPR Article 10, cited in the detailed explanation for the binding wording of dignity, reason and conscience, and non-discrimination.
  • C. Saunders (St Christopher’s Hospice, London) — total pain; H. Chochinov et al. (2002) — dignity model and the ABCD mnemonic · named clinical instruments used in the detailed explanation to turn the five aspects into an assessment and a care plan.

La progression des leçons est enregistrée sur cet appareil pour l’apprenant actuel. Les réponses d’entraînement restent séparées et ne sont pas conservées.

À propos de ce cours et de ses sources

Leçons bilingues organisées à partir des notes de cours BMS 115 Éthique des soins de santé fournies (Mme Bakume Jessey, Institut Universitaire Saint Louis de Douala) et des textes internationaux que ces notes reproduisent — Déclaration universelle des droits de l’homme 1948, Pacem in terris 1963, Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (rédaction lancée à Monrovia en 1979 par la décision 155 ; adoptée en 1981 ; entrée en vigueur le 21 octobre 1986), Déclaration des droits de l’enfant 1959, codes du CII de 1953 et 1973, et code camerounais d’éthique du 3 mars 1989. Les notes guidées courtes et les panneaux « Lire les explications détaillées » remplissent deux fonctions distinctes : les notes énoncent une idée simplement, et les panneaux détaillés ajoutent mécanismes, vocabulaire et jugement travaillé que les notes ne contiennent pas. Les schémas sont des illustrations pédagogiques originales. La révision en éthique, en soins infirmiers et en français est en attente.