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BMS 114 · Tronc communSection 7.1 · L’immunité
Section 28 sur 33

Le système immunitaire et ses propriétés

Expliquer l’origine du mot immunité, ce que le système immunitaire défend, et pourquoi la distinction entre le soi et le non-soi est la propriété dont découlent tous les autres mécanismes.

Nouveau dans ce cours ? Comment fonctionne chaque section
  1. Apprendre présente une seule idée courte à la fois. Chaque idée commence par une phrase simple, puis l’explique, donne un exemple et vous pose une petite question à laquelle vous pouvez répondre tout de suite.
  2. Explorer montre un schéma des mêmes idées. Cliquez sur les parties numérotées pour lire ce que chacune représente.
  3. Vérifier pose quelques questions. Répondez correctement à toutes pour terminer la section et débloquer la suivante.
  4. « Approfondir » est facultatif. Il ajoute le mécanisme et des détails pour quand vous serez prêt — aucune notion nécessaire aux questions n’y est cachée.
Pourquoi c’est important

Chaque vaccin que vous administrerez, chaque infection qui guérit seule, chaque greffe acceptée ou rejetée et chaque maladie auto-immune que vous soignerez reposent sur une seule capacité : le corps doit savoir quelles molécules sont les siennes et lesquelles ne le sont pas. Dès que vous tenez cette distinction, le reste de l’immunité cesse d’être une liste de cellules pour devenir un système logique unique. Cette section vous donne ce cadre avant les mécanismes, et elle définit le vocabulaire — antigène, anticorps, épitope, haptène, adjuvant, complément — que les sections suivantes emploient sans s’y arrêter.

Ce qu’il faut savoir avant

Aucune notion préalable d’immunologie n’est supposée. Il vous faut seulement le sens de micro-organisme, de pathogène et d’infection, vus dans l’unité 1, ainsi qu’une idée de langage courant : un organisme peut distinguer ses propres tissus d’un élément étranger, comme un foyer reconnaît ses membres. Les mots techniques sont définis au moment où ils deviennent nécessaires, ici ou dans les termes clés.

Mots à connaître (6)
Antigène
Toute molécule que le système immunitaire est capable de reconnaître. Elle peut venir de l’extérieur, comme une protéine bactérienne, ou du corps lui-même, comme une protéine tumorale. C’est la reconnaissance, et non la nocivité, qui fait d’une molécule un antigène. La protéine de surface du virus de la rougeole et une protéine de pollen sont des antigènes, comme l’est une protéine fabriquée par une cellule cancéreuse.
Anticorps (immunoglobuline)
Une protéine en forme de Y fabriquée par un lymphocyte B, qui se lie avec force et spécificité à un antigène donné. La liaison peut neutraliser la cible ou la marquer pour que d’autres cellules et protéines la détruisent. Les anticorps dirigés contre la toxine tétanique sont ce qui rend un vaccin antitétanique protecteur.
Immunogénicité
La capacité d’une substance à provoquer une réponse immunitaire, et pas seulement à être remarquée. Une molécule peut être reconnue sans être immunogène ; l’immunogénicité concerne le déclenchement d’une réponse complète. Une grande protéine étrangère est généralement fortement immunogène ; une molécule minuscule comme la pénicilline ne l’est pas seule.
Épitope
La petite partie précise de l’antigène que l’anticorps ou le récepteur d’un lymphocyte touche réellement. Un antigène porte généralement plusieurs épitopes différents : plusieurs anticorps peuvent donc se lier à la même molécule. Une même protéine virale peut porter cinq ou six épitopes distincts, chacun reconnu par son propre clone de lymphocytes B.
Haptène et porteur
Un haptène est une petite molécule qui ne peut déclencher seule une réponse immunitaire. Lorsqu’elle se fixe chimiquement à une grande protéine porteuse, le complexe haptène–porteur devient immunogène et des anticorps dirigés contre la petite molécule apparaissent. La pénicilline se comporte comme un haptène : elle se fixe aux protéines de l’organisme et le complexe formé peut provoquer une réaction allergique brutale.
Adjuvant et complément
Un adjuvant est une substance ajoutée à un vaccin pour rendre la réponse immunitaire plus forte et plus durable. Le complément est un ensemble d’une trentaine de protéines sanguines qui agissent en cascade pour percer les microbes et les marquer en vue de leur destruction. Les sels d’aluminium sont l’adjuvant de nombreux vaccins courants ; les protéines du complément recouvrent une bactérie pour que les phagocytes la digèrent plus facilement.
Une idée à la foisIdée 1 / 7

En une phrase Le mot immunité vient du latin immunis, qui signifie exempt, et a été adopté pour désigner la protection naturelle qu’un survivant de la rougeole ou de la variole garde contre cette maladie.

L’immunité était d’abord un mot juridique d’exemption

À Rome, immunis désignait celui qui était dispensé d’une charge publique ou d’un impôt. La médecine a emprunté le mot parce que la même image convenait : une personne immunisée est exemptée d’une maladie qu’elle a déjà rencontrée. L’observation est ancienne : un survivant de la rougeole ou de la variole ne contractait pas de nouveau la maladie. Les notes fournies donnent exactement cette histoire. Remarquez la nature de l’immunité, car les débutants la situent mal. C’est un état du corps, non une partie anatomique, et cet état est propre à la maladie qui l’a produit.

Par exemple

Une grand-mère qui a soigné des enfants pendant une épidémie de rougeole dans sa jeunesse ne contracte pas la rougeole de son petit-fils, car elle est immunisée contre ce virus précis.

Petite vérification

Un patient demande si le fait d’être immunisé contre la rougeole signifie qu’il ne peut pas contracter la tuberculose. Que répondre ?

Afficher la réponse

Non. L’immunité naturellement acquise est spécifique : rencontrer le virus de la rougeole laisse une protection contre la rougeole, pas contre le bacille tuberculeux. Le mot vient d’une idée juridique d’exemption, et celle-ci ne vaut que pour la maladie qui l’a produite : c’est pourquoi la vaccination est administrée séparément pour chaque maladie.

Lire les explications détaillées
Cellules, tissus et organes : où les cellules immunitaires naissent, mûrissent et rencontrent l’antigène

Les notes disent que le système immunitaire est un réseau de cellules, de tissus et d’organes, et que chacun des deux systèmes possède une composante cellulaire et une composante humorale, mais elles ne précisent jamais où tout cela se passe. Cette géographie explique la plupart des termes que vous rencontrerez ensuite. Toutes les cellules des deux systèmes commencent comme cellules souches hématopoïétiques dans la moelle osseuse rouge. Les voies se séparent ensuite. Les neutrophiles, les monocytes, les éosinophiles, les basophiles, les mastocytes et les cellules dendritiques mûrissent dans la moelle et passent dans le sang prêts à agir ; ils sont les effecteurs cellulaires de l’immunité innée. Les lymphocytes suivent une autre route. Ceux qui mûrissent dans la moelle osseuse deviennent des lymphocytes B ; ceux qui gagnent le thymus, une glande située derrière le sternum, à l’état immature et y sont éduqués, deviennent des lymphocytes T. La moelle et le thymus sont donc appelés organes lymphoïdes primaires, car c’est là que les lymphocytes sont produits et deviennent fonctionnels.

Où les lymphocytes rencontrent l’antigène. Les organes lymphoïdes secondaires sont les ganglions le long des vaisseaux lymphatiques, la rate qui filtre le sang, et le tissu lymphoïde associé aux muqueuses des amygdales, de la paroi intestinale et des voies respiratoires. C’est pourquoi un ganglion douloureux et gonflé pendant une infection signale une activité et non une nouvelle maladie : les lymphocytes y prolifèrent en réponse à l’antigène venu des tissus.

Immunité cellulaire et humorale : deux manières d’apporter la protection. L’immunité humorale désigne les facteurs protecteurs dissous dans le sang et les autres liquides biologiques — les anticorps fabriqués par les lymphocytes B devenus plasmocytes, et les protéines du complément. L’immunité cellulaire désigne la protection apportée par les cellules elles-mêmes : les lymphocytes T qui tuent une cellule infectée au contact, et les phagocytes qui englobent. Le système inné possède ses propres versions des deux : le versant cellulaire est le phagocyte et la cellule tueuse naturelle — un lymphocyte qui tue les cellules infectées sans reconnaître un antigène précis — le versant humoral est le complément, le lysozyme des larmes et de la salive, les interférons et les peptides antimicrobiens comme les défensines.

Les quatre voies d’acquisition de l’immunité, que les infirmières expliquent chaque jour aux familles. L’immunité active signifie que le système de la personne a fait le travail ; elle apparaît après une à deux semaines et dure des années ou toute la vie. L’immunité passive signifie que des anticorps déjà fabriqués ont été transférés ; elle agit immédiatement mais s’efface en quelques semaines ou mois, faute de mémoire. L’immunité active naturelle suit une infection, l’immunité passive naturelle est celle des IgG maternelles traversant le placenta ou des IgA du lait maternel, l’immunité active artificielle est la vaccination, et l’immunité passive artificielle est l’injection d’anticorps ou d’antitoxine, après une morsure de serpent ou une plaie à risque tétanique. Cette distinction explique pourquoi un nouveau-né est protégé contre la rougeole pendant ses premiers mois puis devient réceptif, et pourquoi une injection post-exposition peut protéger aujourd’hui sans protéger l’année prochaine.

Coopération, et non succession : comment l’inné déclenche et oriente la réponse adaptative

Les expressions première ligne et seconde ligne suggèrent deux relais qui se passent un témoin, et les notes elles-mêmes avertissent que les systèmes inné et adaptatif ont des fonctions distinctes mais une relation, et qu’ils diffèrent par bien des aspects. Cette relation est plus étroite qu’une simple transmission. Les cellules innées ne se contentent pas de contenir l’infection jusqu’à l’arrivée du système adaptatif : elles décident si une réponse adaptative aura lieu, de quelle nature elle sera et où elle se produira. Le mécanisme comporte quatre étapes nommées. Premièrement, la reconnaissance. Les cellules innées portent des récepteurs de reconnaissance de motifs, comme les récepteurs de type Toll, qui fixent des motifs moléculaires partagés par des classes entières de microbes plutôt qu’une seule espèce : lipopolysaccharide des membranes externes des Gram négatif, fragments de peptidoglycane, flagelline et ADN CpG non méthylé. Ces motifs étant conservés et essentiels au microbe, le système inné reconnaît une catégorie entière immédiatement, en minutes à heures, et le même récepteur agit contre des bactéries très diverses. Le prix de cette largeur est l’imprécision : le récepteur ne distingue pas une espèce d’une autre. Deuxièmement, la signalisation. L’engagement de ces récepteurs fait sécréter par la cellule innée des cytokines, petits messagers solubles, et des chimiokines qui recrutent d’autres cellules sur place. Les interférons sont des cytokines produites en réponse aux virus ; ils rendent les cellules voisines résistantes à l’infection et activent les cellules tueuses naturelles. L’interleukine-1, l’interleukine-6 et le facteur de nécrose tumorale provoquent la fièvre et les signes locaux de l’inflammation : c’est pourquoi la fièvre apparaît avant tout anticorps spécifique. Troisièmement, la présentation de l’antigène. C’est la charnière entre les deux systèmes. Une cellule dendritique qui a capturé l’antigène migre vers un ganglion et en expose des fragments sur ses molécules du complexe majeur d’histocompatibilité aux lymphocytes T, tout en délivrant les signaux cytokiniques reçus lors de la rencontre. Un lymphocyte T dont le récepteur épouse cette combinaison peptide–CMH est sélectionné et se multiplie. Sans cette étape de présentation, le système adaptatif n’a aucun moyen de savoir qu’une invasion est en cours ; l’antigène seul, en l’absence de signaux innés, tend à produire une tolérance plutôt qu’une attaque. Quatrièmement, l’armement de la réponse et la phase effectrice. Les lymphocytes T auxiliaires activés autorisent à leur tour les lymphocytes B à devenir des plasmocytes et à changer la classe d’anticorps produite, et ils autorisent les lymphocytes T cytotoxiques à tuer les cellules infectées. Pendant ce temps, les protéines du complément opsonisent les microbes avec le C3b pour que les phagocytes les engloutissent plus efficacement, et les anticorps font de même par leur fragment Fc. Les deux systèmes convergent d’ailleurs vers la même cible : une bactérie recouverte d’anticorps est détruite par un phagocyte inné, et une cellule infectée par un virus, marquée par un anticorps, est tuée par une cellule tueuse naturelle innée. La conséquence clinique de cette coopération est que l’atteinte d’un système paralyse l’autre. Un patient atteint d’un VIH avancé perd ses lymphocytes T auxiliaires : la réponse adaptative ne peut plus s’organiser et le système inné ne peut plus être armé contre des organismes qu’il éliminerait autrement ; c’est pourquoi apparaissent des infections opportunistes comme la pneumocystose et la tuberculose. À l’inverse, un défaut congénital de signalisation innée laisse le système adaptatif non informé, et la vaccination peut alors ne pas produire de mémoire protectrice. La pratique infirmière touche cette même jonction par l’autre côté : un vaccin vivant ne peut être administré à un patient dont le système adaptatif est supprimé, et une réaction inflammatoire au point d’injection est le système inné qui signale que l’antigène a été remarqué.

Ce qu’est un antigène au niveau moléculaire, et pourquoi un haptène a besoin d’un porteur

Les notes posent en devoir les termes antigène, immunogénicité, épitope, haptène, adjuvant et complément sans en définir aucun, et la quatrième propriété — toute molécule capable d’être reconnue est considérée comme un antigène — ne devient utile qu’une fois connue la réalité physique de la reconnaissance. La reconnaissance est affaire de forme et de chimie, non d’identité. Le site de liaison d’un anticorps, appelé paratope, est une poche formée de quelques boucles de l’immunoglobuline ; il touche environ quinze à vingt-deux résidus d’acides aminés de l’antigène, dans un espace de la taille d’un petit sucre. Le contact est non covalent : liaisons hydrogène, attraction ionique, emboîtement hydrophobe et forces de van der Waals. Chacune étant faible, une liaison utile exige qu’elles soient nombreuses simultanément : c’est pourquoi la liaison dépend d’une complémentarité de forme sur une petite surface, et pourquoi le changement d’un seul acide aminé peut l’abolir. Cette petite surface contactée est l’épitope. Les épitopes sont de deux sortes. Un épitope linéaire est une courte suite de résidus consécutifs, exposée lorsque la protéine est dépliée ou digérée ; un épitope conformationnel est formé de résidus rapprochés par le repliement tridimensionnel, et il disparaît si la protéine est dénaturée. Ce n’est pas un détail technique. Cela explique pourquoi un anticorps obtenu contre un virus vivant entier peut ne plus se lier à ce virus après inactivation par la chaleur ou fixation dans un test, et pourquoi certains examens utilisent des organismes intacts ou des protéines natives plutôt que des fragments. Chimiquement, les antigènes les plus puissants de la nature sont les protéines, car elles présentent de nombreux épitopes différents et peuvent être découpées en peptides pour les lymphocytes T ; les polysaccharides sont aussi antigéniques, ce qui est le principe des vaccins capsulaires antipneumococciques et antiméningococciques, tandis que les acides nucléiques et les lipides ne le deviennent surtout que liés à une protéine. La taille et la complexité comptent : une molécule d’environ dix mille daltons peut être immunogène dans de bonnes conditions, et l’immunogénicité augmente en général avec la taille moléculaire, le nombre d’épitopes étrangers et le degré de différence par rapport aux protéines de l’hôte. Le problème de l’haptène en découle. Une molécule de moins d’un millier de daltons, comme la pénicilline, un ion nickel ou un groupe dinitrophénol, ne peut tout simplement pas retenir un anticorps ou un récepteur de lymphocyte par assez de contacts non covalents pour déclencher une réponse, et elle ne peut pas non plus être découpée en peptides pour les lymphocytes T. Seule, elle est faiblement ou pas reconnue : elle est antigénique en principe mais non immunogène. Si la même petite molécule est unie par liaison covalente à une grande protéine, le porteur fournit ce qui manque à l’haptène : des épitopes de porteur que les lymphocytes T auxiliaires reconnaissent, et la masse moléculaire qui maintient le complexe assez longtemps pour qu’une cellule dendritique le capture. Il en résulte des anticorps qui se lient à la petite molécule elle-même, puisque le paratope épouse la partie haptène. En clinique, c’est le mécanisme de l’allergie médicamenteuse. La pénicilline est trop petite pour déclencher une réponse, mais elle réagit avec les groupes aminés de l’albumine sérique et des protéines de surface cellulaire, formant un complexe haptène–porteur ; certains patients fabriquent alors des IgE dirigées contre l’épitope de la pénicilline, et une dose ultérieure provoque la dégranulation des mastocytes, l’urticaire et, au pire, l’anaphylaxie. L’allergie cutanée au nickel fonctionne de la même manière, les protéines de la peau servant de porteur. Les adjuvants exploitent l’autre moitié du même problème : même un grand antigène protéique administré seul peut ne pas activer assez fortement les récepteurs innés de motifs pour autoriser une réponse adaptative complète ; un adjuvant comme un sel d’aluminium ou une émulsion huile-dans-eau apporte les signaux de danger, retient l’antigène au point d’injection pour que les cellules dendritiques le recueillent, et recrute ces cellules. C’est pourquoi le devoir des notes dépasse le vocabulaire : l’haptène et le porteur expliquent l’allergie médicamenteuse, l’adjuvant explique pourquoi une formulation vaccinale n’est pas de l’antigène dans l’eau, et l’épitope explique pourquoi l’immunité contre une partie d’un microbe ne protège pas toujours contre l’ensemble.

Explorez le schéma

Observez d’abord le dessin entier. Puis sélectionnez une partie numérotée et reliez-la à l’idée que vous venez de lire.

Soi ou non-soi : une décision de reconnaissance, deux bras de la réponse

Lisez la planche de haut en bas. Le système immunitaire décide d’abord si une molécule ou une cellule appartient au corps ; sinon, la décision ouvre l’une de deux voies de réponse. La voie de gauche est innée et immédiate, celle de droite est adaptative et apprise, et chacune possède une composante cellulaire et une composante humorale. La bande inférieure montre les deux voies travaillant ensemble plutôt que l’une après l’autre.

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01 / 6La décision du haut

Soi ou non-soi : une décision de reconnaissance, deux bras de la réponseLisez la planche de haut en bas. Le système immunitaire décide d’abord si une molécule ou une cellule appartient au corps ; sinon, la décision ouvre l’une de deux voies de réponse. La voie de gauche est innée et immédiate, celle de droite est adaptative et apprise, et chacune possède une composante cellulaire et une composante humorale. La bande inférieure montre les deux voies travaillant ensemble plutôt que l’une après l’autre.Le principe organisateur du système immunitaireLa reconnaissance d’abord, la réponse ensuite1 · Distinguer le soi du non-soiToute molécule porte une identité moléculaireLue par des récepteurs, en minutes ou en joursSoi ounon-soi ?soi ou inoffensifnon-soiPas d’attaqueTolérance du soi sainLa réponse est déclenchéeLa molécule reconnueest l’antigène2 · Deux bras l’éliminentInnée et adaptative, toutes deux toujours activesInnée — première ligneCellulaire : phagocytesHumorale : complémentAgit dès le débutAucune mémoire d’un antigèneMinutes à heuresAdaptative — seconde ligneCellulaire : lymphocytes THumorale : anticorpsPlus lente à la première rencontreDurable, protège à la réexpositionDes jours, puis des années de mémoire+3 · Elles coopèrent, sans se relayerLes cellules innées présentent l’antigène et libèrent des signauxL’anticorps adaptatif recrute ensuite la destruction innéeUn système affaibli paralyse l’autre4 · Ce que la même machinerie rejetteCellules hôtes anormales : tumeursGreffes, transfusions, allergènes, haptènes médicamenteux

Si le schéma dépasse ce cadre, faites-le défiler latéralement. Les repères restent lisibles ; les explications numérotées ci-dessous présentent les mêmes idées.

La décision du haut

La première propriété du système est la capacité de distinguer le soi du non-soi, et tout ce qui se trouve sous le nœud de décision en dépend. Les récepteurs lisent une identité moléculaire, non une intention : rien n’a besoin d’être nocif, étranger ou vivant pour être reconnu, et tout élément reconnu est appelé antigène. Une maladie auto-immune survient lorsque cette lecture échoue et que le corps attaque ses propres tissus.

Planche schématique de décision et de comparaison, sans échelle et sans chronologie. Les deux bras sont placés côte à côte pour la comparaison, mais ils agissent en même temps ; les notes disent elles-mêmes que tous deux protègent contre les organismes envahisseurs et qu’il existe une relation entre eux. La tolérance des tissus sains du soi dépasse les notes fournies, qui ne décrivent que l’élimination du matériel du non-soi.

Points clés à retenir

  • L’immunité vient du latin immunis, qui signifie exempt, et désigne la protection qu’une personne conserve après avoir rencontré une maladie comme la rougeole ou la variole.
  • L’immunologie est née de l’âge d’or de la microbiologie : l’identification des agents est venue d’abord, puis la prévention par des organismes tués ou atténués ou par des composés qui en sont extraits.
  • L’immunité est la protection du corps contre l’invasion par les micro-organismes pathogènes et contre leurs effets nocifs ; le système immunitaire est un réseau de cellules, de tissus et d’organes.
  • Les quatre propriétés sont la distinction du soi et du non-soi, l’élimination du non-soi nocif, la destruction des cellules hôtes anormales, et le fait de traiter comme antigène tout élément reconnu.
  • Le système inné est non spécifique et sans mémoire ; le système adaptatif est spécifique, durable et protège contre une nouvelle exposition, et chacun possède une composante cellulaire et une composante humorale.
Approfondir

Exemple travaillé

Pourquoi un enfant a besoin de deux doses de rougeole et un adulte d’un rappel antitétanique. Une mère amène son bébé de neuf mois au centre de santé rural pour la vaccination contre la rougeole. L’enfant reçoit la première dose aujourd’hui et l’infirmière explique qu’une seconde dose sera nécessaire plus tard. La mère demande pourquoi une seule dose ne suffit pas, et si son propre rappel antitétanique de l’an dernier la protégera toute sa vie. Vous devez répondre en vous appuyant sur les propriétés du système immunitaire, sans citer un calendrier.

  1. Identifier ce qui doit être reconnu. Le vaccin introduit des antigènes de la rougeole — des protéines que le système immunitaire peut reconnaître — sans provoquer la maladie. La première propriété du système entre alors en jeu : ces antigènes sont du non-soi, donc lus comme étrangers, même s’ils sont administrés volontairement et sous une forme sûre.
  2. Expliquer pourquoi la première dose ne suffit pas toujours. Le système adaptatif ne répond pas pleinement à la première rencontre avec un antigène : il lui faut plusieurs jours pour multiplier les bons clones de lymphocytes et produire des anticorps utiles. Chez un enfant de neuf mois, les anticorps hérités de la mère peuvent encore être présents et atténuer les antigènes vaccinaux, et la réponse à une première dose est plus faible qu’à une dose ultérieure. C’est pourquoi une seconde dose est prévue et pourquoi la couverture est jugée sur deux doses, non sur une.
  3. Nommer ce qu’apporte réellement la seconde dose. La seconde exposition rencontre un système qui possède déjà des cellules mémoire spécifiques des antigènes de la rougeole. Ces cellules répondent plus vite et bien plus nombreuses : des anticorps de bonne qualité apparaissent rapidement et la protection devient durable. C’est la seconde ligne de défense qui fait exactement ce que décrivent les notes : assurer la protection lors d’une nouvelle exposition au même pathogène. Un rappel n’est donc pas la répétition de la même leçon, mais sa révision chez un élève qui l’a déjà apprise.
  4. Appliquer le même raisonnement au tétanos chez l’adulte. Le vaccin antitétanique contient une anatoxine, toxine inactivée, car le danger est la toxine et non la bactérie présente dans la plaie. La protection dépend d’anticorps circulants qui neutralisent la toxine, et leur taux baisse lentement avec les années : des rappels périodiques le maintiennent. La mère ne doit pas supposer qu’un seul rappel dure toute la vie ; elle doit suivre le calendrier national. Remarquez que le raisonnement est identique pour la rougeole et pour le tétanos, même si la cible est ici un virus et là une toxine.

Les deux questions se répondent par les trois mêmes propriétés : le système reconnaît le non-soi, il répond de façon spécifique et il garde une mémoire. La vaccination fournit sans danger un non-soi reconnu afin que la mémoire se construise sans la maladie. Le nombre de doses dans un calendrier n’est pas un détail administratif : il découle directement du nombre de rencontres nécessaires avant que la mémoire du système adaptatif soit fiable.

Idée fausse fréquente

L’erreur de débutant la plus fréquente est d’imaginer que le système immunitaire attaque simplement tout ce qui est étranger, de sorte qu’une immunité plus forte signifierait toujours une meilleure santé. Or le système se définit par la reconnaissance, et c’est la reconnaissance qui fait d’une greffe, d’une protéine de pollen ou d’un complexe médicament–protéine des antigènes, qu’ils puissent nuire ou non. Une deuxième erreur est de traiter les systèmes inné et adaptatif comme deux étapes successives, la première s’arrêtant quand la seconde commence. Ils se chevauchent en permanence : les cellules innées présentent l’antigène, libèrent des signaux qui orientent la réponse adaptative et détruisent les cibles recouvertes d’anticorps. Une troisième erreur est de lire « sans mémoire » comme « sans protection ».

Vérifiez votre raisonnement

Pensez à une personne que vous connaissez qui a reçu un vaccin ou qui a eu une maladie infectieuse. À partir des seules quatre propriétés, notez ce que le système immunitaire a dû reconnaître, ce qu’il a dû faire et ce qu’il doit retenir ensuite.

Afficher une réponse

Prenons une série vaccinale complète contre l’hépatite B. Le système a dû reconnaître l’antigène de surface du virus comme du non-soi, bien qu’il soit arrivé sous forme de protéine vaccinale purifiée et non d’infection vivante. Il a ensuite dû monter une réponse spécifique et produire des anticorps contre ce seul antigène, puis conserver des cellules mémoire qui persistent longtemps après la disparition de l’antigène. Rien n’avait besoin d’être pathogène pour que l’immunité apparaisse : c’est pourquoi la quatrième propriété — tout ce qui est reconnu est un antigène — est celle qui rend la vaccination possible.

D’où vient ce contenu

  • BMS 114 General Microbiology I lecture notes (supplied) · “Lecture notes twelve — introduction to immunology”, lines 1603–1665: the Latin origin of immunity, the pioneers, the immunisation examples, the definition of immunity, the human immune system, the four properties, the two parts of the system and the general knowledge list.
  • Beyond the supplied notes — vocabulary the notes set as an assignment · lines 1616–1617 set antigen, antibody, immunogenicity, epitope, hapten, adjuvant and complement as an assignment without defining them. The definitions in keyTerms and the molecular treatment of antigens, epitopes and haptens in the deeper topic follow standard immunology; the notes give the assignment at lines 1616–1617 and the recognition rule at line 1634 only.
  • Correction to the supplied notes — diseases said to be extinct · Correction to the supplied notes: lines 1612–1615 state that tetanus, measles, mumps, poliomyelitis and smallpox are now “either extinct or very rarely seen”. Only smallpox has been eradicated, declared so in 1980; the others are rare or nearly eliminated where immunisation is sustained but continue to circulate where coverage falls (WHO eradication and elimination programme status).
  • Beyond the supplied notes — cells, organs, active and passive immunity, and innate–adaptive cooperation · lines 1663–1664 state only that each system has cellular and humoral components and that a relationship exists. The primary and secondary lymphoid organs, the four ways immunity is acquired, and the recognition, cytokine, antigen-presentation and effector steps by which the innate system instructs the adaptive one are standard immunology.

La progression des leçons est enregistrée sur cet appareil pour l’apprenant actuel. Les réponses d’entraînement restent séparées et ne sont pas conservées.

À propos de ce cours et de ses sources

Leçons bilingues organisées à partir des notes de cours BMS 114 Microbiologie générale I fournies (M. Ngotelo F. Ambene, M. Lyonga B. Lyonga et M. Fumbui Louis Ngong). Les schémas sont des illustrations pédagogiques originales ; les sections qui corrigent les notes ou les dépassent le précisent dans leurs sources. La révision infirmière et francophone est en attente.