BMS 114 · Tronc communSection 5.5 · Croissance, nutrition et culture des bactéries
Section 22 sur 33
Les milieux de culture : préparation et consistance
Décrire ce qu’est un milieu de culture et à quoi il sert, nommer les ingrédients courants et leur apport, expliquer les étapes de préparation et de stérilisation d’un milieu, et distinguer les trois états physiques — solide, semi-solide et liquide — avec leurs emplois et des exemples nommés.
Nouveau dans ce cours ? Comment fonctionne chaque section
Apprendre présente une seule idée courte à la fois. Chaque idée commence par une phrase simple, puis l’explique, donne un exemple et vous pose une petite question à laquelle vous pouvez répondre tout de suite.
Explorer montre un schéma des mêmes idées. Cliquez sur les parties numérotées pour lire ce que chacune représente.
Vérifier pose quelques questions. Répondez correctement à toutes pour terminer la section et débloquer la suivante.
« Approfondir » est facultatif. Il ajoute le mécanisme et des détails pour quand vous serez prêt — aucune notion nécessaire aux questions n’y est cachée.
Pourquoi c’est important
Toute bactérie identifiée un jour par un laboratoire hospitalier a d’abord été nourrie. Un milieu de culture est à la fois l’aliment et le support physique qui décident si un organisme pousse, à quoi il ressemble et s’il peut être séparé de tout le reste du prélèvement. Choisir le mauvais milieu fait manquer un pathogène ou prendre un contaminant pour la cause ; le préparer sans soin contamine la boîte avant même que l’écouvillon du patient ne l’ait touchée. Comprendre les milieux permet d’interroger un compte rendu au lieu de simplement le classer.
Ce qu’il faut savoir avant
Il vous faut l’idée, vue plus haut dans cette unité, que les bactéries ont besoin de nutriments, d’eau et d’une température convenable pour se multiplier, ainsi que le fait que l’agar est un gélifiant et non un aliment. Trois mots reviennent sans cesse et sont définis ci-dessous : milieu de culture, bouillon et agar. Rien d’autre n’est supposé acquis.
Mots à connaître (6)
Milieu de culture
Une source préparée de nutriments, d’eau et de support physique qui permet aux micro-organismes de pousser hors d’un organisme vivant, in vitro. La gélose nutritive dans une boîte de Petri est un milieu de culture.
Peptone
Un mélange de protéines partiellement digérées qui fournit à la fois du carbone et de l’azote au micro-organisme en croissance. La peptone est la principale source d’azote du bouillon nutritif.
Agar
Un polysaccharide non ramifié extrait d’algues rouges ; sans valeur nutritive, il est ajouté uniquement pour faire prendre un milieu liquide en gel. La gélose nutritive est du bouillon nutritif additionné d’environ 1,5 % d’agar.
Bouillon
Un milieu liquide sans agar, dans lequel les bactéries poussent uniformément et rendent le liquide trouble. Le bouillon nutritif sert à obtenir rapidement un grand nombre de cellules.
Ensemencement
Le transfert délibéré de micro-organismes sur ou dans un milieu afin qu’ils s’y multiplient. Étaler un écouvillon sur une gélose est un ensemencement.
Colonie
Une masse visible de cellules microbiennes identiques, issue d’une seule cellule ou d’un petit groupe sur une surface solide. Une colonie ronde isolée sur la boîte peut représenter une seule espèce.
Une idée à la foisIdée 1 / 7
En une phrase Un milieu de culture est une source préparée de nutriments qui permet la croissance des micro-organismes in vitro.
Un milieu de culture, c’est de la nourriture, de l’eau et un support hors de l’organisme
Le milieu apporte tout ce qu’un micro-organisme ne peut pas fabriquer lui-même : une source de carbone et d’azote, des acides aminés, des vitamines, des minéraux et de l’eau, ainsi que les conditions physiques dans lesquelles ces nutriments se présentent. Un même milieu peut servir à plusieurs tâches, que les notes énumèrent clairement : faire pousser des cellules microbiennes, les compter, sélectionner les micro-organismes recherchés dans un mélange et maintenir une souche en vie entre deux journées de travail. Le même milieu peut être fourni sous forme liquide, sous forme de gel ou sous une forme intermédiaire, et ce choix dépend de l’objectif, non d’une mode. In vitro signifie « dans du verre », hors d’un organisme vivant : tout ce que la bactérie trouverait chez l’hôte doit donc être fourni délibérément.
Par exemple
Un prélèvement urinaire est ensemencé sur une gélose au sang et dans un bouillon : la gélose montre s’il y a un ou plusieurs organismes, et le bouillon augmente leur nombre pour les analyses suivantes.
Petite vérification
Un milieu est décrit comme permettant la croissance in vitro. Qu’ajoute l’expression in vitro à cette description ?
Afficher la réponse
Elle indique que les organismes poussent hors d’un organisme vivant, dans un récipient : le milieu doit donc fournir lui-même tous les nutriments et les conditions physiques que l’hôte apporterait autrement.
Lire les explications détaillées
Pourquoi une culture pure exige une surface solide, et comment l’isolement par stries la produit
Une culture pure est une population issue d’un seul organisme, et séparer un organisme du mélange présent dans un prélèvement clinique est la première étape de presque toute identification. Un bouillon ne le permet pas, car chaque cellule peut dériver et entrer en contact avec les autres : après incubation, le tube contient une population mélangée, et rien dans l’aspect de ce trouble ne révèle combien d’espèces sont présentes. Une surface solide résout le problème en immobilisant physiquement chaque cellule. Lorsqu’une suspension diluée est étalée sur le gel, les bactéries se déposent en des points séparés ; chacune se divise sans se déplacer et ses descendantes s’accumulent en une colonie distincte. Si l’étalement était suffisamment dilué, chaque colonie provient d’une seule cellule : une colonie est donc un clone, une population d’organismes génétiquement identiques. Prélever une colonie à l’anse stérile ne transfère donc qu’une seule espèce dans le tube suivant, transfert appelé repiquage. La technique qui produit cette séparation est l’isolement par stries, et il s’agit d’une dilution réalisée à l’anse plutôt qu’à la pipette. Un petit volume du prélèvement est étalé sur un secteur de la boîte. L’anse est ensuite flambée ou remplacée, afin de ne plus porter d’organismes résiduels, puis elle est passée dans ce premier secteur et sur un deuxième, prélevant une fraction de la croissance et la répartissant sur de la gélose fraîche. L’opération est répétée pour un troisième puis généralement un quatrième quadrant, l’anse étant stérilisée entre les secteurs. Chaque passage dépose moins de cellules que le précédent : le dernier quadrant reçoit une concentration assez faible pour que des colonies bien espacées se développent, tandis que le premier secteur est souvent confluent, c’est-à-dire couvert d’un voile continu. Une boîte lue après une nuit à 37 °C montre donc des colonies isolées à la fin des stries et une croissance serrée au début, et les colonies isolées constituent le matériel de l’identification et de l’antibiogramme. Deux conséquences pratiques en découlent. D’abord, le mode de prélèvement compte plus que le milieu : si l’écouvillon est frotté en surface au lieu d’être pris dans la profondeur de la plaie, la boîte cultivera des commensaux cutanés et le clinicien pourra traiter une colonisation comme une infection. Ensuite, une culture n’est pure que si elle a été manipulée de façon aseptique ; une boîte non contaminée dépend d’une anse flambée, d’un récipient stérile et d’une hotte à flux laminaire, et un seul contact négligent introduit un contaminant qui sera plus tard signalé comme un second organisme. Robert Koch a introduit les milieux solides exactement dans ce but, et l’alternative plus ancienne, le bouillon solidifié à la gélatine dans une boîte plate, avait déjà montré le principe avant que l’agar ne remplace la gélatine.
Pourquoi utiliser un bouillon alors qu’une boîte compte mieux, et ce que la turbidité dit vraiment
La turbidité est le trouble d’un bouillon, et les débutants la lisent souvent comme un chiffre. Ce n’est pas une numération. L’appareil qui la mesure, le spectrophotomètre, fait traverser le tube par la lumière et affiche la densité optique ou l’absorbance, qui augmente à mesure que les cellules en suspension dispersent le faisceau. Cette lecture reflète la masse totale des particules présentes dans le trajet lumineux, vivantes ou mortes, bactériennes ou autres : une culture tuée par un antibiotique peut donc rester aussi trouble qu’une culture vivante. Deux tubes de même densité optique peuvent aussi contenir des nombres très différents si les cellules n’ont pas la même taille, et les amas dispersent la lumière autrement que les cellules isolées. La néphélométrie estime la même propriété à partir de la lumière dispersée et sert à préparer un inoculum standard, souvent calibré sur un étalon de sulfate de baryum de McFarland, afin que l’antibiogramme parte d’une densité reproductible. La numération des cellules viables est une mesure différente, et elle exige une surface. Dans le comptage des colonies, l’échantillon est dilué en série, un volume connu est étalé ou coulé sur une gélose, et les colonies apparues sont comptées après incubation. On suppose que chaque colonie provient d’une cellule vivante ou d’un petit amas, de sorte que le résultat s’exprime en unités formant colonie et non en bactéries : les deux termes ne sont donc pas interchangeables. La boîte donne le nombre d’organismes capables de se multiplier, ce qui compte cliniquement ; la lecture du bouillon ne sépare ni les vivants des morts, ni les cellules des débris. Lorsque le nombre attendu est très faible, la méthode du nombre le plus probable cultive l’échantillon dans une série de tubes de bouillon et estime la concentration à partir des tubes devenus troubles, ce qui reste une estimation et non une numération. Pourquoi donc utiliser un bouillon ? Parce que beaucoup de questions ne sont pas des questions de comptage. Les études de fermentation exigent un sucre et un indicateur de pH dissous dans le liquide, ainsi qu’un tube de Durham pour recueillir le gaz : la couleur et la bulle se lisent directement, alors que le même test sur une boîte donne un virage de couleur plus difficile à interpréter. L’identification biochimique, l’hémoculture, la production d’une biomasse abondante et homogène pour un antigène ou un vaccin, et la croissance d’organismes en vue d’un repiquage exigent du volume et du mélange plutôt qu’une séparation. Le bouillon présente aussi une limite importante que la boîte n’a pas : il ne montre pas la pureté. Un bouillon contaminé est simplement trouble, et une population mixte en milieu liquide ressemble exactement à une population pure jusqu’à ce qu’elle soit étalée sur une boîte et que les colonies soient examinées.
Choisir l’état physique en fonction de la question posée
La consistance d’un milieu n’est pas une habitude de laboratoire ; c’est une décision qui découle de la question posée. Demandez si un seul organisme ou plusieurs sont présents : la réponse exige une surface, car seul un gel solide peut tenir séparées les descendantes d’une même cellule. C’est pourquoi l’isolement, la morphologie des colonies, les contrôles de pureté et la préparation d’une suspension standardisée pour l’antibiogramme se font avec 1,5 à 2,0 % d’agar. Demandez si un organisme peut se déplacer : la réponse exige un gel assez mou pour être traversé, raison pour laquelle la recherche de la mobilité et la culture des micro-aérophiles utilisent 0,5 % d’agar ou moins. Demandez quelle biomasse peut être produite, ou si un sucre est fermenté : la réponse exige un liquide, car un bouillon se mélange librement, accepte des réactifs dissous et s’adapte à tout volume. Les milieux de transport et de conservation constituent un quatrième cas, mais leur but est opposé. Les milieux de transport maintiennent les organismes vivants sans les laisser se multiplier : ils sont donc habituellement semi-solides ou liquides et volontairement pauvres en nutriments, ce qui évite la prolifération pendant l’acheminement du prélèvement vers le laboratoire. Les milieux de conservation visent l’inverse : ils maintiennent la viabilité d’une culture pendant des semaines ou des mois et contiennent donc souvent des nutriments — le bouillon de viande cuit, les milieux à l’œuf salé et les piqûres de gélose nutritive en sont les exemples classiques. Les propriétés physiques qui rendent ces choix possibles appartiennent à l’agar. L’agar est un polysaccharide formé d’unités répétées de galactose, et ses longues chaînes non ramifiées emprisonnent l’eau en un réseau qui se comporte comme un gel réversible : le chauffage rompt le réseau et le milieu devient liquide, le refroidissement le reconstruit et le milieu prend. Les deux températures sont très éloignées, environ 85–95 °C pour fondre et 40–45 °C pour prendre, et cette hystérésis est le vrai avantage pratique. Un milieu peut donc être stérilisé à 121 °C, maintenu fondu au bain-marie vers 50 °C, coulé dans des boîtes et laissé se solidifier sur la paillasse ; le gel pris reste ensuite ferme à l’étuve à 37 °C. Les notes indiquent à tort la température de prise, à la ligne 1138, comme étant 37 °C, et ne donnent qu’approximativement le même intervalle à la section 2.3 ; les valeurs ci-dessus sont celles à retenir. La gélatine, alternative plus ancienne, échoue ici parce qu’elle fond vers 35 °C et parce que de nombreuses bactéries sécrètent une gélatinase : la boîte se liquéfie à mesure que la culture pousse. Au-delà des notes fournies, trois autres choix se font à la paillasse. L’activité de l’eau, c’est-à-dire la disponibilité de l’eau libre et non sa teneur totale, détermine si un milieu permet la croissance : c’est pourquoi l’on ajoute du sel ou du sucre pour sélectionner des organismes halotolérants. Le pouvoir tampon détermine si une fermentation peut être détectée, car l’acide produit finirait par tuer la culture avant tout virage de couleur. Enfin, les agents sélectifs ou indicateurs transforment un même gel en plusieurs outils différents : un sel biliaire décourage les organismes à Gram positif, un colorant révèle un changement de pH et une couche de sang lysé montre l’hémolyse. Une même recette de base peut donc répondre à quatre questions différentes selon ce qu’on y dissout, et une infirmière qui le comprend lira le compte rendu du laboratoire comme la réponse à une question précise plutôt que comme une étiquette figée.
Explorez le schéma
Observez d’abord le dessin entier. Puis sélectionnez une partie numérotée et reliez-la à l’idée que vous venez de lire.
Les milieux de culture : les trois états physiques, la préparation d’un milieu et la prise de l’agar vers 40–45 °C
Lisez la rangée du haut comme une comparaison : le pourcentage d’agar décide si un milieu sépare, révèle un déplacement ou multiplie. Lisez la rangée du bas comme un seul processus, toujours dans le même ordre — peser, dissoudre, mélanger, autoclave, protéger — où l’autoclave stérilise et où la hotte à flux laminaire ne fait que protéger ce qui est déjà stérile. La bande du bas porte le fait qui rend l’ensemble possible : l’agar est un gélifiant inerte dont les températures de fusion et de prise sont très éloignées, ce qui permet de couler une boîte tiède puis de l’incuber à 37 °C.
Nouveau avec les schémas ? À lire d’abord
Regardez d’abord le dessin entier sans rien cliquer. Demandez-vous seulement : de quel type d’image s’agit-il (comparaison, trajet, séquence, tableau) ?
Appuyez sur Lire, ou utilisez les flèches, pour parcourir les parties numérotées dans l’ordre. Le dessin reste fixe ; seul le repère se déplace.
Cliquez sur un numéro, ou sur son nom dans la liste ci-dessous, pour lire ce qu’est cette partie et pourquoi elle compte. Utilisez « Masquer les repères » pour tester votre mémoire.
Autres commandes
01 / 5Milieu solide : 1,5 à 2,0 % d’agar, la surface qui sépare
Si le schéma dépasse ce cadre, faites-le défiler latéralement. Les repères restent lisibles ; les explications numérotées ci-dessous présentent les mêmes idées.
Milieu solide : 1,5 à 2,0 % d’agar, la surface qui sépare
Avec 1,5 à 2,0 % d’agar, le gel est assez ferme pour que les bactéries ne puissent pas le traverser. Une cellule qui se dépose en surface se divise sur place : ses descendantes s’accumulent en une colonie distincte et un mélange peut être séparé en cultures pures. La gélose nutritive, la gélose MacConkey, la gélose au sang et la gélose au chocolat en sont les exemples courants, et la forme comme la pureté des colonies sont ensuite lues.
Comparaison et processus schématiques, sans échelle : les pourcentages d’agar ainsi que les intervalles de fusion et de prise sont approximatifs, et les formes des colonies sont simplifiées. La planche corrige les notes fournies, ligne 1138, qui donnent 37 °C comme température de prise des milieux solides ; l’agar prend vers 40–45 °C, ce qui permet de couler les boîtes tièdes puis de les incuber à 37 °C. La stérilité dépend de l’autoclave, jamais de la hotte à flux laminaire.
Points clés à retenir
✓Un milieu de culture est une source de nutriments qui soutient la croissance microbienne in vitro ; il sert à cultiver, compter, sélectionner et conserver les micro-organismes, et se présente sous forme liquide ou de gel.
✓Les ingrédients courants sont la peptone (carbone et azote), l’extrait de bœuf (acides aminés, vitamines, minéraux), l’extrait de levure (vitamines, carbone, azote), l’eau distillée et l’agar, qui n’est qu’un agent solidifiant.
✓La préparation suit toujours l’ordre : peser, dissoudre dans l’eau distillée en erlenmeyer, mélanger au-dessus d’une flamme, passer à l’autoclave à 121 °C pendant 15 minutes, puis manipuler sous flux laminaire.
✓L’agar est un polysaccharide non ramifié inerte issu d’algues rouges, qui fond vers 85–95 °C et prend vers 40–45 °C ; l’affirmation des notes selon laquelle les milieux solides prennent à 37 °C est corrigée, ce qui explique qu’une boîte puisse être coulée puis incubée à 37 °C.
✓Le milieu solide (1,5 à 2,0 % d’agar) isole les cultures pures sous forme de colonies, le milieu semi-solide (0,5 % ou moins) teste la mobilité et cultive les micro-aérophiles, et le milieu liquide, ou bouillon, donne une croissance abondante et uniforme sous forme de turbidité et sert aux études de fermentation.
Approfondir
Exemple travaillé
De la poudre à une boîte lisible et à un bouillon trouble. Vous êtes l’infirmière d’un petit laboratoire, un matin chargé. Le service a envoyé un écouvillon de plaie et un prélèvement urinaire, tous deux recueillis avant toute administration d’antibiotique. Le stock de gélose nutritive déjà coulée est épuisé : le milieu doit être préparé à partir de la poudre, et les deux prélèvements doivent être mis en culture aujourd’hui. Vous devez mener la poudre à travers la préparation et la stérilisation, couler des boîtes qui prendront correctement, les ensemencer, et décider ce que chaque résultat pourra montrer.
Peser la poudre et la dissoudre. Lisez la recette et le volume final, pesez la masse de gélose nutritive nécessaire sur la balance et ajoutez-la à un volume mesuré d’eau distillée dans un erlenmeyer. On ne remplace pas l’eau distillée par l’eau du robinet, dont les ions minéraux peuvent modifier le milieu.
Mélanger au-dessus d’une flamme jusqu’à homogénéité. Agitez doucement le flacon au-dessus d’une flamme pour que la poudre se dissolve complètement et que le mélange soit uniforme. Ce mélange avant stérilisation est important : les grumeaux qui passent à l’autoclave ne se dissolvent plus correctement ensuite et le gel reste irrégulier.
Passer à l’autoclave à 121 °C pendant 15 minutes. La stérilisation se fait à l’autoclave pour éviter la contamination. La vapeur sous pression à 121 °C pendant 15 minutes tue les bactéries végétatives et les endospores bactériennes, ce que l’ébullition simple ne fait pas de façon fiable. Desserrer la fermeture du flacon pour laisser entrer la vapeur, et ne jamais ouvrir l’autoclave trop tôt.
Refroidir, puis couler sous flux laminaire. Après l’autoclave, placez le flacon sous la hotte à flux laminaire, où l’air filtré protège le milieu stérile. Laissez refroidir vers 50 °C, puis coulez les boîtes. La correction des notes se situe ici : les milieux solides ne prennent pas à 37 °C. L’agar prend vers 40–45 °C : une boîte coulée tiède se solidifie avant l’incubation, puis reste ferme à 37 °C.
Ensemencer et incuber. Étalez l’écouvillon de plaie sur la surface d’une boîte pour obtenir des colonies séparées, et ensemencez l’urine à la fois sur une boîte et dans un bouillon. Incubez à 37 °C pendant 24 heures. La boîte indiquera s’il y a un ou plusieurs organismes et à quoi ils ressemblent ; le bouillon multipliera leur nombre uniformément et pourra servir ensuite aux tests biochimiques.
Lire le résultat honnêtement. Comptez et décrivez les colonies séparées sur le milieu solide, et notez la turbidité du bouillon. Rappelez-vous que la turbidité d’un bouillon n’est pas une numération et ne distingue pas les cellules vivantes des cellules mortes : tout chiffre doit venir d’une boîte, non de l’aspect plus ou moins trouble d’un tube.
La séquence est toujours la même — peser, dissoudre, mélanger, stériliser, protéger, couler, ensemencer, incuber, lire — et chaque étape a une raison que l’on peut énoncer. La consistance du milieu est choisie en dernier mais compte en premier : un gel isole, un gel mou révèle le déplacement, un liquide multiplie. Lorsque vous comprenez à la fois la recette et la raison, vous pouvez dire si une boîte sans croissance en est là parce qu’aucun organisme n’était présent ou parce que le milieu, la température ou la technique ont échoué.
Idée fausse fréquente
Une erreur de débutant fréquente consiste à croire que l’agar nourrit les bactéries, parce qu’il est cité dans les notes à côté de la peptone et de l’extrait de bœuf comme s’il s’agissait d’ingrédients de même nature. L’agar est inerte : un milieu composé seulement d’agar et d’eau ne fait rien pousser. Une deuxième erreur est de penser que la stérilité vient de l’ébullition du flacon ou du travail près d’une flamme. Seul l’autoclave à 121 °C pendant 15 minutes détruit les endospores bactériennes, et la hotte à flux laminaire protège ensuite le milieu stérile ; elle ne stérilise pas ce qui était déjà contaminé.
Vérifiez votre raisonnement
Pensez à un prélèvement que vous avez vu recueillir. Si vous ne deviez choisir qu’un seul état physique de milieu pour lui, lequel choisiriez-vous, et à quelle question ce choix unique ne permettrait-il pas de répondre ?
Afficher une réponse
Un écouvillon de plaie justifie presque toujours un milieu solide, car la première question est de savoir s’il y a un ou plusieurs organismes et à quelles colonies appartient le pathogène ; une boîte peut les séparer, un bouillon non. Avec ce choix unique, cependant, vous ne pourriez pas mettre en évidence la mobilité, qui demande un milieu semi-solide, ni obtenir une population abondante et uniforme pour un test de fermentation, qui demande un bouillon. La leçon est que le milieu se choisit en fonction de la question, et qu’un même prélèvement exige souvent plusieurs milieux.
D’où vient ce contenu
BMS 114 General Microbiology I lecture notes (supplied) · “Cultivation of bacteria (culture media)”, lecture notes eight, lines 1100–1173: the definition of a medium, its uses, the common ingredients, the preparation steps, and the three physical states with their examples.
Correction to the supplied notes — the setting temperature of solid media · Correction to the supplied notes: line 1138 states that solid media solidified at 37 °C. Agar sets near 40–45 °C and melts near 85–95 °C; section 2.3 (lines 456–458) gives the same range only approximately. The notes confuse the incubation temperature with the setting temperature, and the corrected values are used throughout this section.
Beyond the supplied notes — why colonies form and how streaking isolates a pure culture · the physical immobilisation of cells on a gel, the clone origin of a colony, quadrant streaking with a flamed loop, confluent and isolated growth, and sub-culturing. The notes mention Robert Koch and streaking at lines 1136–1138 but give no mechanism for how separation is achieved.
Beyond the supplied notes — turbidity, viable counts and choosing a consistency · turbidity and optical density measure total particles rather than living cells, viable counts are expressed as colony-forming units, and solid, semi-solid or liquid media are chosen according to the question asked (isolation, motility, fermentation, transport and storage). The notes state the uses at lines 1134–1168 without comparing them or warning about turbidity.
La progression des leçons est enregistrée sur cet appareil pour l’apprenant actuel. Les réponses d’entraînement restent séparées et ne sont pas conservées.
À propos de ce cours et de ses sources
Leçons bilingues organisées à partir des notes de cours BMS 114 Microbiologie générale I fournies (M. Ngotelo F. Ambene, M. Lyonga B. Lyonga et M. Fumbui Louis Ngong). Les schémas sont des illustrations pédagogiques originales ; les sections qui corrigent les notes ou les dépassent le précisent dans leurs sources. La révision infirmière et francophone est en attente.