BMS 114 · Tronc communSection 5.3 · Croissance, nutrition et culture des bactéries
Section 20 sur 33
Compter les bactéries et les facteurs de croissance
Expliquer ce qu’est la croissance bactérienne, distinguer une numération totale d’une numération viable, et expliquer comment une mutation crée un facteur de croissance qui rend un organisme dépendant d’un milieu enrichi.
Nouveau dans ce cours ? Comment fonctionne chaque section
Apprendre présente une seule idée courte à la fois. Chaque idée commence par une phrase simple, puis l’explique, donne un exemple et vous pose une petite question à laquelle vous pouvez répondre tout de suite.
Explorer montre un schéma des mêmes idées. Cliquez sur les parties numérotées pour lire ce que chacune représente.
Vérifier pose quelques questions. Répondez correctement à toutes pour terminer la section et débloquer la suivante.
« Approfondir » est facultatif. Il ajoute le mécanisme et des détails pour quand vous serez prêt — aucune notion nécessaire aux questions n’y est cachée.
Pourquoi c’est important
Presque toutes les décisions concernant une infection reposent sur un chiffre venu du laboratoire, et deux chiffres qui se ressemblent peuvent dire le contraire l’un de l’autre : l’un compte toutes les cellules du prélèvement, l’autre seulement celles qui sont encore capables de pousser. Si vous lisez le premier comme s’il s’agissait du second, vous traiterez des organismes morts, vous surestimerez le danger et vous comprendrez mal le compte rendu. Cette section vous donne le vocabulaire qui permet de distinguer les deux numérations et explique comment une seule enzyme brisée peut transformer un organisme ordinaire en organisme exigeant, qui ne pousse que sur un milieu enrichi.
Ce qu’il faut savoir avant
Il vous suffit de savoir qu’une bactérie est une cellule unique qui grandit puis se divise en deux. Les mots employés ci-dessous — population, culture, milieu, colonie et nutriment — sont définis là où ils apparaissent pour la première fois. Aucune connaissance de biochimie n’est supposée ; la voie du facteur de croissance est construite étape par étape, et chaque calcul est détaillé.
Mots à connaître (6)
Croissance
L’augmentation ordonnée de la somme de tous les composants d’un organisme, normalement accompagnée de la multiplication. Un bouillon qui devient trouble pendant la nuit montre la croissance.
Temps de génération (ou de doublement)
La durée nécessaire pour qu’une population de cellules double de nombre dans des conditions données. Escherichia coli peut doubler toutes les 20 minutes dans un bouillon riche et tiède.
Numération totale
Un comptage du nombre de cellules présentes dans un prélèvement, que ces cellules soient vivantes ou non. Une cellule de numération au microscope donne une numération totale de 2,0 × 10⁷ cellules par millilitre.
Numération viable
Un comptage des seules cellules capables de croître et de produire une colonie sur un milieu approprié. 42 colonies obtenues à partir de 0,1 mL d’une dilution à 10⁻³ donnent 4,2 × 10⁵ UFC par millilitre.
Facteur de croissance
Un composé organique que la cellule doit contenir pour croître mais qu’elle est incapable de synthétiser elle-même. La vitamine du groupe B qu’est l’acide nicotinique est un facteur de croissance pour une souche mutante qui ne sait pas la fabriquer.
Organisme exigeant
Un organisme aux exigences nutritionnelles complexes, qui ne pousse que sur un milieu enrichi. Une souche incapable de fabriquer une vitamine est exigeante et a besoin de cette vitamine dans le milieu.
Une idée à la foisIdée 1 / 5
En une phrase La croissance est l’augmentation ordonnée de la somme de tous les composants d’un organisme ; chez un organisme unicellulaire, elle se traduit par un plus grand nombre d’individus dans la population.
La croissance est l’augmentation ordonnée de chaque composant de la cellule
En microbiologie, croître ne signifie pas simplement devenir plus gros : c’est l’augmentation ordonnée de la somme de tous les composants d’un organisme. Une cellule qui gonfle parce que l’eau y est entrée a augmenté de volume sans croître, car aucune paroi, membrane, ribosome, enzyme ou chromosome nouveau n’a été fabriqué. Chez une bactérie, la croissance signifie que chaque partie de la cellule est dupliquée dans le bon ordre et la bonne proportion ; elle est normalement associée à la multiplication. Comme la bactérie n’est qu’une seule cellule, sa croissance ne peut pas se manifester par un individu plus grand : elle se traduit par l’augmentation du nombre d’individus qui composent une population ou une culture. Une cellule devient deux, deux deviennent quatre, et la culture tout entière devient plus lourde, plus dense et plus trouble.
Par exemple
Un flacon de bouillon nutritif limpide est laissé toute la nuit à 37 °C. Au matin, il est trouble et sa population bactérienne s’est multipliée de nombreuses fois : ce trouble est le signe visible que les cellules ont grandi et se sont divisées, et non qu’elles se sont étirées.
Petite vérification
Une bactérie placée dans une solution salée tiède absorbe de l’eau et gonfle, mais ne se divise pas. A-t-elle crû au sens microbiologique ?
Afficher la réponse
Non. La croissance est une augmentation ordonnée de tous les composants de la cellule, et l’entrée d’eau n’en ajoute aucun. La cellule n’a fait que changer de volume ; elle ne se multipliera pas tant qu’elle n’aura pas les nutriments et les conditions nécessaires pour fabriquer de la matière cellulaire nouvelle.
Lire les explications détaillées
Auxotrophe et prototrophe : les noms des deux états
Les microbiologistes disposent de mots précis pour les deux états décrits plus haut. Un prototrophe est une souche capable de pousser sur un milieu minimal — contenant seulement une source de carbone, des sels inorganiques et de l’eau — parce qu’elle sait synthétiser tous les composés organiques dont elle a besoin. Un auxotrophe est une souche incapable de pousser sur ce même milieu minimal, car elle a perdu la capacité de fabriquer un composé précis et doit le recevoir tout fait. Le mot auxotrophe vient du grec et signifie nourriture supplémentaire, exactement ce dont cette souche a besoin. La mutation qui crée un auxotrophe atteint habituellement un seul gène ; les lésions les plus courantes sont une substitution de base qui change un acide aminé de l’enzyme, une délétion ou une insertion qui décale le cadre de lecture, ou l’insertion d’un élément transposable au milieu du gène. L’enzyme peut alors être absente, malformée ou catalytiquement morte ; dans tous les cas, une étape de la voie s’arrête, et tout ce que la voie fabrique après cette étape est le composé qu’il faut désormais apporter. Les microbiologistes exploitent délibérément ce fait. Si l’on ajoute un composé candidat au milieu et que le mutant pousse, ce composé est soit le produit final manquant, soit un intermédiaire ultérieur de la voie : c’est la technique dite d’auxanographie, ou criblage des facteurs de croissance, qui a permis d’établir l’ordre des étapes de nombreuses voies de biosynthèse bien avant le séquençage des gènes. L’auxotrophie est aussi la base du test d’Ames pour les mutagènes et de nombreuses souches industrielles de fermentation, volontairement rendues auxotrophes pour qu’elles ne puissent pas survivre si elles s’échappent du fermenteur. Deux conséquences pratiques en découlent. D’abord, l’auxotrophie est une propriété de souche et non d’espèce : un isolat sauvage d’une espèce est généralement prototrophe, alors qu’un mutant de laboratoire de la même espèce peut être auxotrophe. Ensuite, un auxotrophe peut revenir en arrière, car une seconde mutation peut restaurer le gène atteint et la souche repousse alors sur milieu minimal ; c’est pourquoi les cultures de collection doivent être contrôlées et conservées avec soin plutôt que repiquées sans fin.
Comment se réalise réellement une numération viable, étape par étape
La numération viable courante est une chaîne de dilutions suivie d’un étalement, et chaque étape existe pour rendre les colonies finales comptables. Un volume mesuré du prélèvement — ordinairement 1 mL ou 0,1 mL — est ajouté à un volume connu de diluant stérile, par exemple du sérum physiologique ou une solution tamponnée de peptone, puis mélangé soigneusement. À partir de cette première dilution, le même volume est transféré dans un deuxième tube, et ainsi de suite. La série de dix est la plus courante : 1 mL de prélèvement dans 9 mL de diluant donne 10⁻¹, 1 mL de cette dilution dans 9 mL donne 10⁻², et ainsi de suite. Le mélange entre les étapes n’est pas facultatif ; un agitateur de type vortex, ou vingt-cinq allers-retours de pipette, est ce qui disperse les amas et rend chaque dilution réellement représentative de la précédente. Un volume fixe des dilutions choisies, généralement 0,1 mL, est ensuite étalé à la surface d’un milieu solide avec un râteau stérile, ou bien 1 mL est mélangé à de la gélose fondue puis refroidie et coulée dans une boîte. Les boîtes sont incubées à la température appropriée, 37 °C pour un prélèvement clinique, et les colonies sont comptées dès qu’elles sont visibles. Seules les boîtes portant un nombre comptable sont retenues : en dessous d’une trentaine de colonies, un seul contaminant ou une erreur de pipetage peut fausser l’estimation, et au-delà d’environ 300 colonies, l’encombrement empêche un comptage exact et les colonies voisines peuvent fusionner. Le nombre obtenu est ensuite corrigé de la dilution et du volume étalé, afin que le résultat soit exprimé par millilitre d’échantillon d’origine et non par boîte. On prépare habituellement des boîtes en double et l’on fait la moyenne des deux comptages ; si les deux chiffres divergent fortement, il faut mieux mélanger le prélèvement et recommencer. La technique paraît simple, et c’est précisément pour cela qu’elle est si facile à rater : une pipette non calibrée, un tube mal mélangé, un râteau utilisé sur une gélose inégalement séchée ou un délai avant l’incubation peuvent tous modifier le résultat sans qu’aucune erreur ne soit visible sur la paillasse.
L’unité formant colonie, et pourquoi une numération totale surestime la population vivante
Une numération viable se rend en unités formant colonie, abrégées UFC, car une colonie n’est pas la même chose qu’une cellule. Une UFC est la plus petite unité capable de produire une colonie visible : il peut s’agir d’une cellule unique, mais aussi bien de deux cellules encore jointes après la division, d’une chaîne de streptocoques, d’un amas de staphylocoques, d’un agglomérat de cellules collées par des protéines ou un biofilm, ou d’un filament de moisissure. Quelle que soit sa composition, l’ensemble donne naissance à exactement une colonie : la boîte compte donc des unités de croissance et non des individus, et c’est pourquoi le résultat s’écrit en UFC par millilitre et jamais en cellules par millilitre. La conversion vers l’échantillon d’origine est ce qui donne son sens au chiffre. Si une boîte a été inoculée avec 0,1 mL d’une dilution à 10⁻³ et que 42 colonies ont poussé, alors ces 0,1 mL contenaient 42 UFC ; 1 mL de la même dilution contenait 420 UFC ; et 1 mL de l’échantillon non dilué, mille fois plus concentré, en contenait 420 000, soit 4,2 × 10⁵ UFC par millilitre. Sous forme de formule, les UFC par millilitre égalent le nombre de colonies divisé par le produit du facteur de dilution et du volume étalé. Un chiffre non corrigé de cette façon n’a aucun sens pour le clinicien, car ces mêmes 42 colonies peuvent représenter de 42 à plusieurs millions d’organismes par millilitre selon la façon dont la boîte a été préparée. Le même raisonnement explique pourquoi une numération totale peut surestimer grossièrement la population vivante. Une numération microscopique directe en cellule de numération voit toute particule ayant la forme et les propriétés de coloration d’une bactérie, y compris les cellules tuées par un antibiotique ou un désinfectant, les cellules abîmées par la chaleur ou la dessiccation, et les cellules vivantes incapables de pousser sur le milieu proposé. Le trouble, lu comme densité optique au spectrophotomètre ou au néphélomètre, présente une faiblesse supplémentaire : il estime la biomasse totale, ne distingue pas du tout le vivant du mort et ne détecte une suspension que lorsqu’elle est dense — grossièrement au-delà de 10⁶ à 10⁷ cellules par millilitre — de sorte qu’un prélèvement contenant un petit nombre, mais cliniquement décisif, de pathogènes vivants peut paraître parfaitement limpide. Les deux approches répondent donc à des questions différentes, et un laboratoire qui rend une numération totale sans le préciser invite son lecteur à surestimer à la fois le nombre et le danger des organismes présents.
Les collections de cultures, et pourquoi une exigence en facteur de croissance est consignée
Parce qu’une exigence en facteur de croissance est une propriété stable et vérifiable d’une souche, elle est consignée et conservée au lieu d’être redécouverte dans chaque laboratoire. Une collection de cultures — appelée aussi collection de référence ou collection type — est un conservatoire qui acquiert, authentifie, préserve et distribue des souches de référence. Les exemples les plus connus sont l’American Type Culture Collection, dont les numéros de catalogue commencent par ATCC, la National Collection of Type Cultures au Royaume-Uni et la Deutsche Sammlung von Mikroorganismen und Zellkulturen en Allemagne. Lorsqu’une nouvelle espèce est décrite, une souche est désignée comme souche type, référence permanente à laquelle tous les isolats ultérieurs sont comparés, et elle est déposée dans au moins deux collections de pays différents afin de rester disponible même si un laboratoire ferme. La collection vérifie que le dépôt est bien ce qu’il prétend être — son identité, sa pureté et ses propriétés, y compris toute exigence en facteur de croissance — puis le conserve par lyophilisation ou par stockage dans l’azote liquide, de sorte que la souche ne dérive pas au fil des repiquages. Les catalogues indiquent ces exigences clairement, par exemple « exige l’acide nicotinique » ou « pousse sur milieu minimal ». Il ne s’agit pas de comptabilité gratuite. Une auxotrophie documentée indique au laboratoire suivant quel milieu fera pousser l’organisme, ce qui est indispensable lorsqu’une souche sert à tester un nouvel antibiotique, à valider un lot de milieu de culture, à préparer un vaccin ou à jouer le rôle d’organisme de contrôle qualité dans un programme d’accréditation. Cela évite aussi un échec silencieux : un laboratoire annonce qu’un organisme n’a pas poussé et accuse le prélèvement, alors que le milieu manquait du seul composé que la souche ne sait pas fabriquer. Les exigences en facteurs de croissance comptent autant en pratique clinique qu’industrielle : ce sont elles qui obligent des organismes comme Haemophilus influenzae à trouver des facteurs d’origine sanguine dans le milieu, et elles sont introduites volontairement dans les souches de production pour que l’organisme ne puisse pas s’échapper du fermenteur. Le dépôt d’une souche dans une collection est également une obligation légale pour breveter une invention biologique au titre du traité de Budapest, ce qui explique que ces mêmes conservatoires détiennent des souches introuvables ailleurs. Pour toutes ces raisons, la capacité ou l’incapacité de synthétiser un composé précis fait partie de la description officielle d’un organisme, aux côtés de sa forme, de sa coloration et de ses exigences en oxygène.
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Compter deux fois le même prélèvement, et comment une enzyme brisée crée un facteur de croissance
Le même échantillon d’urine est compté au microscope puis sur boîte. Les deux chiffres sont exacts, mais un seul compte les organismes encore capables de pousser. En dessous, une voie de synthèse va d’un précurseur à un produit final ; lorsqu’une enzyme manque, le produit final n’est plus fabriqué et l’organisme devient un auxotrophe exigeant un milieu enrichi.
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01 / 5Numération totale : toutes les cellules, vivantes ou mortes
Si le schéma dépasse ce cadre, faites-le défiler latéralement. Les repères restent lisibles ; les explications numérotées ci-dessous présentent les mêmes idées.
Numération totale : toutes les cellules, vivantes ou mortes
Une numération totale enregistre le nombre de cellules présentes, qu’elles soient vivantes ou non. Les cellules sont comptées dans une cellule de numération au microscope, ou estimées à partir du trouble de la suspension. Les cercles pleins sont des cellules encore capables de se diviser ; les cercles creux sont des cellules mortes, abîmées ou incapables de pousser. Le microscope ne perçoit pas cette différence : les deux sont donc comptées et le chiffre reste élevé même après l’effondrement de la population vivante.
Comparaison schématique, sans échelle. Les deux numérations portent sur le même prélèvement mais emploient des méthodes différentes : un écart de quarante fois ou plus est attendu et ne prouve pas une erreur. Le trouble et la numération microscopique ne distinguent pas les cellules vivantes des mortes ; le comptage de colonies représenté n’est valable que dans la plage comptable d’environ 30 à 300 colonies par boîte.
Points clés à retenir
✓La croissance est l’augmentation ordonnée de la somme de tous les composants d’un organisme ; chez un organisme unicellulaire, elle se traduit par une augmentation du nombre d’individus dans la population ou la culture.
✓Le taux de croissance est la quantité de croissance par unité de temps, tandis que le temps de génération, ou de doublement, est la durée d’un doublement ; la croissance est exponentielle et non linéaire.
✓Une numération totale inclut les cellules vivantes comme les mortes ; une numération viable ne mesure que les cellules capables de pousser et de produire une colonie sur un milieu approprié.
✓Un facteur de croissance est un composé organique que la cellule doit posséder sans pouvoir le fabriquer : une enzyme brisée dans une voie de synthèse interrompt le produit final, l’organisme doit donc le prendre dans son environnement et devient exigeant.
Approfondir
Exemple travaillé
Deux chiffres pour un même prélèvement : numération totale et numération viable. Un patient porteur d’une sonde urinaire a de la fièvre et des urines troubles. Pour le même prélèvement, le laboratoire rend une numération microscopique directe de 2,0 × 10⁷ bactéries par millilitre puis, deux jours plus tard, une culture de 4,2 × 10⁵ unités formant colonie par millilitre, obtenue à partir de 42 colonies sur une boîte inoculée avec 0,1 mL d’une dilution à 10⁻³. Vous devez décider ce que chaque chiffre signifie et ce qu’il faut faire ensuite.
Identifier ce que chaque chiffre compte. Le chiffre microscopique est une numération totale : il inclut toute particule qui ressemble à une bactérie, vivante ou morte. Le chiffre de culture est une numération viable : il n’inclut que les cellules capables de pousser sur le milieu fourni. Ce sont les réponses à deux questions différentes ; il est donc normal qu’elles ne concordent pas.
Vérifier le calcul de la numération viable. La boîte a reçu 0,1 mL d’une dilution à 10⁻³, ce qui représente 0,1 × 10⁻³, soit 10⁻⁴ mL d’urine d’origine. En divisant 42 colonies par 10⁻⁴ mL, on obtient 4,2 × 10⁵ unités formant colonie par millilitre d’échantillon d’origine, exactement le chiffre rendu.
Expliquer l’écart entre les deux résultats. La numération totale est environ 48 fois la numération viable : près de 98 % des bactéries observées n’ont pas pu pousser sur la boîte. Elles ont pu être tuées par l’antibiotique déjà administré, abîmées par la conservation ou par le délai avant la culture, ou encore être vivantes sans pouvoir pousser sur ce milieu précis. Un tel écart est donc attendu et ne prouve pas une erreur du laboratoire.
Agir sur le bon chiffre et poursuivre la surveillance. C’est la numération viable, lue avec la fièvre et le trouble des urines, qui appuie le diagnostic d’infection urinaire et guide le traitement. Notez la température, vérifiez que la sonde s’écoule librement, recueillez un éventuel nouveau prélèvement en technique stérile et signalez un patient qui ne s’améliore pas sans attendre la visite suivante.
Un même prélèvement a donné deux chiffres très différents, et les deux étaient exacts. La numération totale mesurait la quantité de matière bactérienne présente ; la numération viable mesurait combien d’organismes pouvaient encore pousser. Seule la seconde répond à la question clinique : c’est pourquoi tout résultat de culture doit être lu en tenant compte de sa dilution et de sa méthode.
Idée fausse fréquente
L’erreur la plus fréquente consiste à lire une numération totale comme si elle comptait des organismes vivants : on s’appuie alors sur un compte rendu microscopique montrant de nombreuses bactéries pour justifier un antibiotique, tandis qu’une culture faible est mise sur le compte d’une erreur du laboratoire. Les deux chiffres répondent à des questions différentes et ne sont pas censés concorder. Une deuxième erreur est de croire que tout organisme a besoin de facteurs de croissance : un facteur de croissance n’est nécessaire qu’à une cellule ayant perdu la capacité de fabriquer ce composé précis, de sorte que la plupart des souches sauvages de la même espèce le produisent elles-mêmes et poussent sur un milieu simple. Une troisième erreur est de prendre un facteur de croissance pour de la nourriture en général ; c’est un composé organique précis, dont l’absence s’explique par l’absence d’une enzyme.
Vérifiez votre raisonnement
Pensez à un organisme rencontré dans ce cours. Quelle enzyme unique, si elle cessait de fonctionner, rendrait cet organisme dépendant d’un milieu enrichi, et comment le compte rendu du laboratoire changerait-il ?
Afficher une réponse
Prenons une souche ayant perdu l’enzyme qui transforme un précurseur en vitamine du groupe B, l’acide nicotinique. Le produit final de cette voie n’est plus fabriqué : la souche doit se procurer l’acide nicotinique dans le milieu, ne pousse plus sur un milieu simple et est devenue exigeante. Le compte rendu change de deux manières : le prélèvement peut ne rien donner sur un milieu courant, et le rapport mentionne une exigence en facteur de croissance ou un milieu spécial au lieu de déclarer l’échantillon stérile. La leçon clinique est qu’une culture négative peut signifier que l’organisme n’a jamais poussé parce que le milieu était inadapté, et non que le patient n’avait pas d’infection.
D’où vient ce contenu
BMS 114 General Microbiology I lecture notes (supplied) · “Bacteria growth and growth requirements”: growth, growth rate, total and viable counts and growth factors, lines 957–995.
Correction to the supplied notes — growth rate and generation time · Correction to the supplied notes: lines 963–965 present the growth rate as “also referred to as the generation rate (doubling time)” and describe it as the time taken for bacteria to grow into a population. In standard use the growth rate is the amount of growth per unit time, while the generation or doubling time is the duration of one doubling; they are reciprocal quantities, not one quantity with two names.
Beyond the supplied notes — auxotrophy, prototrophy and serial dilution counting · the terms prototroph and auxotroph, the mutational mechanisms that create an auxotroph, auxanography and the Ames test, the serial-dilution viable-count procedure with its 30–300 countable range, and the correction of counts to CFU per millilitre follow standard microbiology practice; the notes state the mutation mechanism at lines 986–988 but do not name the two states or describe the count.
Beyond the supplied notes — colony-forming units, turbidity limits and culture collections · the definition of a colony-forming unit, the limits of microscopic and turbidity counts (turbidity detects roughly 10⁶ to 10⁷ cells per millilitre and cannot distinguish living from dead), and the role of type culture collections such as ATCC, NCTC and DSMZ, the type strain, and the Budapest Treaty deposit requirement follow standard reference and collection practice; the notes mention neither the CFU nor collections.
La progression des leçons est enregistrée sur cet appareil pour l’apprenant actuel. Les réponses d’entraînement restent séparées et ne sont pas conservées.
À propos de ce cours et de ses sources
Leçons bilingues organisées à partir des notes de cours BMS 114 Microbiologie générale I fournies (M. Ngotelo F. Ambene, M. Lyonga B. Lyonga et M. Fumbui Louis Ngong). Les schémas sont des illustrations pédagogiques originales ; les sections qui corrigent les notes ou les dépassent le précisent dans leurs sources. La révision infirmière et francophone est en attente.