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BMS 1110 · Tronc communSection 3.6 · Calculs de dose, de poids et de perfusion
Section 16 sur 30

Débit goutte à goutte et microdrip

Calculer un débit de perfusion gravitaire en gouttes par minute à partir d’un volume, d’un facteur de goutte et d’une durée, et conduire une perfusion pondérale de mg/kg/h ou de mcg/kg/min jusqu’au mL/h en passant par la concentration.

Nouveau dans ce cours ? Comment fonctionne chaque section
  1. Apprendre présente une seule idée courte à la fois. Chaque idée commence par une phrase simple, puis l’explique, donne un exemple et vous pose une petite question à laquelle vous pouvez répondre tout de suite.
  2. Explorer montre un schéma des mêmes idées. Cliquez sur les parties numérotées pour lire ce que chacune représente.
  3. Vérifier pose quelques questions. Répondez correctement à toutes pour terminer la section et débloquer la suivante.
  4. « Approfondir » est facultatif. Il ajoute le mécanisme et des détails pour quand vous serez prêt — aucune notion nécessaire aux questions n’y est cachée.
Pourquoi c’est important

Toutes les unités de soins n’ont pas de pompe à perfusion. Quand une poche est suspendue à un pied et s’écoule par gravité, aucun écran n’indique le débit : on le règle en comptant les gouttes dans la chambre, et le seul nombre réglable est un nombre entier de gouttes par minute. Un débit trop rapide de dix gouttes n’est pas un détail d’arrondi : sur une heure, c’est un autre volume de médicament administré. Cette section donne la formule qui transforme une prescription en un compte que l’on peut réellement observer, et explique pourquoi le dispositif utilisé change la réponse pour une même ordonnance.

Ce qu’il faut savoir avant

Trois acquis des sections précédentes suffisent : multiplier des nombres entiers, convertir des heures en minutes en multipliant par 60, et lire « par » comme « divisé par ». Si vous savez dire à voix haute que 3 heures font 180 minutes, vous êtes prêt.

Mots à connaître (6)
Perfusion gravitaire
Une perfusion qui s’écoule d’une poche suspendue au-dessus du patient, entraînée par la gravité et non par une pompe, donc réglée par un pince à molette et par le comptage des gouttes. 1 000 mL de sérum physiologique s’écoulent d’un pied à 31 gtt/min, sans pompe sur le support.
Facteur de goutte
Le nombre de gouttes que le perfuseur doit laisser passer pour délivrer exactement 1 mL de liquide, noté gtt/mL. C’est une propriété du dispositif, non du médicament ni du patient. Un perfuseur de facteur 20 gtt/mL demande 20 gouttes comptées pour faire 1 mL : 20 gouttes valent donc 1 mL.
Perfuseur à grosse goutte (macrodrip)
Un perfuseur à grosse goutte, habituellement de 10, 15 ou 20 gtt/mL, utilisé pour les perfusions de grand volume : sérum physiologique, glucosé et liquides comparables. 500 mL en 4 heures avec un perfuseur de 20 gtt/mL demandent 42 gouttes par minute.
Perfuseur à microgouttes (microdrip)
Un perfuseur dont le facteur de goutte est de 60 gtt/mL, si fin que 60 gouttes comptées font 1 mL. Comme 60 gouttes remplissent un millilitre et 60 minutes une heure, son débit égale le volume horaire. À 75 mL/h, un perfuseur microdrip laisse tomber 75 gtt/min : le comptage et l’ordonnance portent le même nombre.
gtt/min
Gouttes par minute : l’unité dans laquelle se règle un débit gravitaire. « gtt » est l’abréviation traditionnelle de goutte, du latin gutta, et min signifie une minute. Un débit de 31 gtt/min signifie que vous comptez 31 gouttes en une minute dans la chambre.
Perfusion pondérale
Une prescription intraveineuse écrite par kilogramme de poids et par unité de temps, par exemple mg/kg/h ou mcg/kg/min : il faut d’abord trouver la quantité de médicament nécessaire avant de régler le moindre débit. 2 mg/kg/h pour un patient de 60 kg signifie que 120 mg doivent être délivrés chaque heure.
Une idée à la foisIdée 1 / 5

En une phrase Une perfusion gravitaire se règle en comptant les gouttes par minute, car la chambre à gouttes — et non un écran — est le seul endroit où le débit existe.

Perfusion gravitaire : le débit se lit dans la chambre à gouttes

Quand une poche de liquide est suspendue au-dessus du patient et qu’un tuyau descend jusqu’à la veine, le liquide s’écoule grâce à la gravité. Rien ne mesure ce mouvement. À la place, une chambre à gouttes placée sous la poche laisse tomber le liquide goutte par goutte, et un pince à molette posé sur le tuyau serre celui-ci pour ralentir ou accélérer le débit. L’infirmière règle la pince, compte les gouttes de la chambre en regardant sa montre, puis ajuste jusqu’au bon compte. Comme la goutte est un événement discret que l’on voit et que l’on compte, l’unité naturelle est la goutte par minute, notée gtt/min. Une pompe compte en millilitres par heure parce qu’elle possède un mécanisme qui mesure le volume ; la gravité n’a que les gouttes, la goutte par minute est donc l’unité honnête. L’étiquette de la poche indique toujours le volume total, et l’ordonnance toujours la durée prévue, mais ni l’un ni l’autre ne se règle sur un pince à molette.

Par exemple

Une poche de 500 mL de sérum physiologique est prescrite sur 4 heures par gravité. L’infirmière la suspend à 1 mètre au-dessus du bras, compte la chambre et tourne le pince à molette jusqu’à obtenir le débit calculé.

Petite vérification

Pourquoi une perfusion gravitaire se mesure-t-elle en gouttes par minute plutôt qu’en millilitres par heure, alors que la poche est étiquetée en millilitres ?

Afficher la réponse

Parce que rien, dans un dispositif gravitaire, ne mesure le volume. Les seuls événements observables sont les gouttes qui tombent dans la chambre et les minutes qui passent : le débit que l’on peut réellement régler et vérifier est donc la goutte par minute. Le millilitre par heure est ce qu’affiche une pompe et ce que sous-entend l’ordonnance, mais le pince à molette se règle en observant les gouttes.

Lire les explications détaillées
Le facteur de goutte, pont entre un volume et un événement comptable

Le volume et la goutte sont des grandeurs de nature différente, et le facteur de goutte est le seul pont entre elles. Le millilitre est une mesure continue : on peut avoir 0,4 mL ou 12,7 mL, et une seringue ou une pompe électronique interpole entre ces valeurs. La goutte est un événement discret. La chambre à gouttes en laisse tomber une lorsque le poids du liquide suspendu à l’embout dépasse la tension de surface qui le retient, puis le processus recommence ; il n’existe pas de demi-goutte, de même qu’il n’existe pas de demi-battement cardiaque. Cette distinction n’est pas un détail théorique : elle explique ce que vous observez au lit du malade. Modifier la hauteur de la poche change le débit, mais pas la taille de chaque goutte, car le volume de la goutte est fixé par la géométrie de l’embout — diamètre de l’orifice et matière dont il est fait. Le pince à molette modifie donc le nombre de gouttes par minute, non le contenu d’une goutte. C’est aussi pourquoi les facteurs de goutte sont imprimés sur l’emballage et contrôlés : une même ordonnance passée avec un perfuseur d’un autre fabricant délivrerait sinon un volume différent. Les valeurs macrodrip usuelles, 10, 15 et 20 gtt/mL, correspondent à trois calibres d’orifice, et l’on dit d’un perfuseur qu’il est « 15 gouttes » comme on dit d’une aiguille qu’elle est « 21 gauge » : le nombre est une spécification de fabrication, non une mesure du patient. Sur le plan clinique, ce pont importe parce que c’est là que le mauvais nombre s’introduit habituellement. Une infirmière qui remplace 20 par 15 ne commet pas une petite erreur : chaque minute, le patient reçoit un volume différent, et comme les perfusions durent des heures, l’écart s’accumule au lieu de s’effacer. Deux questions découlent de cette image et méritent d’être posées chaque fois. Quelle unité ai-je en main : un volume ou un compte ? Et dans quel sens le facteur de goutte multiplie-t-il ou divise-t-il ? Un compte par millilitre multiplie un volume pour donner des gouttes ; un volume par goutte ferait l’inverse. Comme la valeur imprimée est toujours en gtt/mL, on multiplie. Le résultat s’exprime en gtt/min parce que le temps est entré au dénominateur. Celui qui sait dire laquelle des deux grandeurs il tient et dans quel sens passe le pont peut reconstruire la formule au lieu de la réciter.

Pourquoi le raccourci microdrip découle de 60, et quand il échoue

L’égalité qui est au cœur du perfuseur microdrip mérite d’être démontrée une fois, car une égalité démontrée résiste à la pression, contrairement à une égalité mémorisée. Partons de la règle générale et remplaçons : gtt/min = (mL/h × 60 minutes par heure × facteur de goutte) ÷ 60 minutes. Quand le facteur de goutte vaut 60 gtt/mL, le numérateur contient 60 deux fois et le dénominateur 60 une fois : il reste donc un 60 au numérateur et l’expression se réduit à gtt/min = mL/h. Lisez l’annulation en unités plutôt qu’en nombres : (mL/h × min/h × gtt/mL) ÷ min devient gtt/min après annulation des mL et des min, et seule la coïncidence numérique entre un facteur de goutte de 60 et une heure de 60 minutes transforme la proportionnalité générale en identité. C’est pourquoi ce raccourci est une conséquence : ce n’est pas une seconde règle sur les gouttes, c’est la règle générale évaluée pour un facteur de goutte particulier. Le savoir rend ses limites évidentes. L’identité échoue dès que le facteur de goutte n’est pas 60, et elle échoue aussi si l’ordonnance change d’unité : un débit écrit en mL par 12 heures, ou par relève, doit être ramené à un volume horaire avant que l’égalité s’applique. L’usage infirmier évident est la rapidité en urgence : un perfuseur de 60 gtt/mL permet de régler 100 mL/h en comptant 100 gouttes. L’usage moins évident est un argument de sécurité. Comme le perfuseur microdrip rend le nombre compté identique au nombre prescrit, l’infirmière peut comparer les deux d’un coup d’œil, sans calcul ; c’est pourquoi les perfuseurs microdrip sont préférés en pédiatrie et pour les perfusions titrées, où de petits volumes passent lentement et où une erreur de facteur de goutte serait proportionnellement importante. Le raccourci a aussi un coût. Un débit microdrip de 100 gtt/min forme un filet rapide et dense, réellement plus difficile à compter avec exactitude que 25 gtt/min en macrodrip : une infirmière qui vise un petit volume très précis peut donc préférer une pompe. Et l’égalité incite à croire que le microdrip convertirait l’ordonnance, alors que le même volume quitte la poche dans les deux cas : le microdrip change le comptage, non la dose. C’est cette dernière phrase qu’il faut retenir, car elle sépare une commodité réelle d’un faux sentiment de sécurité.

La marche à suivre d’une perfusion pondérale : unités, concentration et titration à la pompe

Les perfusions pondérales sont les ordonnances que les débutants abandonnent le plus souvent, presque toujours parce qu’ils cherchent à atteindre le débit en un seul saut. La marche qui fonctionne est une chaîne de quatre conversions, chacune s’achevant sur une unité que l’on peut nommer. Première étape : la dose par kilogramme et par heure multipliée par le poids en kilogrammes donne une quantité par heure ; le kilogramme s’annule et le résultat est une masse par temps, par exemple 120 mg/h. Deuxième étape : si l’ordonnance est écrite par minute — mcg/kg/min est la forme clinique courante des médicaments vasoactifs — multipliez la quantité par minute par 60 pour obtenir une quantité horaire, car une pompe se règle en millilitres par heure et l’heure est l’unité naturelle de la pompe. Troisième étape : divisez la quantité de médicament contenue dans la poche préparée par le volume de la poche pour obtenir une concentration, la masse portée par chaque millilitre. Quatrième étape : divisez la masse horaire par cette concentration ; une masse par heure divisée par une masse par millilitre laisse des millilitres par heure, soit le débit de la pompe. Trois faits cliniques donnent son sens à cette chaîne. D’abord, le poids du patient est une mesure réelle : un poids inexact produit une dose inexacte en proportion directe — un patient noté 60 kg qui pèse en réalité 66 kg reçoit environ neuf pour cent de médicament par kilogramme en moins. Ensuite, la concentration appartient à la préparation de la pharmacie, non à l’ordonnance ; si la poche est remplacée en cours de perfusion par une préparation plus concentrée, le débit de la pompe doit être recalculé, car le même mL/h délivrerait alors plus de médicament. Enfin, la chaîne des unités est votre preuve : si l’unité finale n’est pas le mL/h, l’une des divisions est à l’envers. Face à ces faits se trouve la réalité infirmière de la titration. De nombreux médicaments pondéraux sont titrés — le débit est ajusté à la hausse ou à la baisse selon un effet mesuré, tension artérielle, score de douleur ou rythme cardiaque — le mL/h calculé n’est donc qu’un point de départ et non une prescription figée, et il doit être recalculé à partir du poids actuel et de la poche en cours, non repris de la relève précédente. Deux erreurs reviennent et sont faciles à intercepter. Certains débutants sautent l’étape de concentration et répondent en mg/h : une quantité déguisée en débit, qui ne se règle sur aucune pompe. D’autres multiplient là où il faudrait diviser et obtiennent un volume horaire invraisemblable ; le contrôle des unités le détecte aussitôt, car des mg/h multipliés par des mg/mL donnent des mg²/mL, unité dépourvue de sens physique. Lorsque l’on utilise un perfuseur microdrip plutôt qu’une pompe pour une telle perfusion, la chaîne se poursuit simplement par une étape : le mL/h obtenu passe dans la formule du débit avec un facteur de goutte de 60, et le nombre de gouttes comptées égale alors le volume horaire.

Explorez le schéma

Observez d’abord le dessin entier. Puis sélectionnez une partie numérotée et reliez-la à l’idée que vous venez de lire.

Débit goutte à goutte et microdrip : facteur de goutte, formule et perfusion pondérale

Un dispositif de perfusion gravitaire avec sa poche, sa chambre à gouttes et son pince à molette, suivi de trois panneaux pédagogiques. Le premier écrit la formule du débit avec ses unités et conduit 1 000 mL sur 8 heures à 15 gtt/mL jusqu’à 31,25, soit environ 31 gtt/min. Le deuxième compare les mêmes 60 mL/h avec un perfuseur macrodrip de 20 gtt/mL (20 gtt/min) et un perfuseur microdrip de 60 gtt/mL (60 gtt/min), ce qui montre l’origine du raccourci « gtt/min égale mL/h ». Le troisième suit une ordonnance pondérale pour un patient de 60 kg, de 2 mg/kg/h à 60 mL/h en passant par la concentration, 240 mg dans 120 mL.

Nouveau avec les schémas ? À lire d’abord
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01 / 5Le dispositif gravitaire et le pince à molette

Débit goutte à goutte et microdrip : facteur de goutte, formule et perfusion pondéraleUn dispositif de perfusion gravitaire avec sa poche, sa chambre à gouttes et son pince à molette, suivi de trois panneaux pédagogiques. Le premier écrit la formule du débit avec ses unités et conduit 1 000 mL sur 8 heures à 15 gtt/mL jusqu’à 31,25, soit environ 31 gtt/min. Le deuxième compare les mêmes 60 mL/h avec un perfuseur macrodrip de 20 gtt/mL (20 gtt/min) et un perfuseur microdrip de 60 gtt/mL (60 gtt/min), ce qui montre l’origine du raccourci « gtt/min égale mL/h ». Le troisième suit une ordonnance pondérale pour un patient de 60 kg, de 2 mg/kg/h à 60 mL/h en passant par la concentration, 240 mg dans 120 mL.Comment compter sur un dispositif gravitairePoche de 1 000 mLsuspendue au-dessusdu patient : gravité, sans pompeChambre à gouttes : les gouttessont la seule chose visiblePince à molette : il serre letuyau pour régler le compteRegarder et compter pendantcompté en une minute —c’est le débitLe facteur de goutte est imprimé :10, 15, 20 gtt/mL ou 60 gtt/mLLa formule, avec ses unitésgtt/min = (volume en mL × facteur de goutteen gtt/mL) ÷ temps en minutes1 000 mL sur 8 h, 15 gtt/mL :480 min ; (1 000 × 15) ÷ 480 = 31,25Macrodrip ou microdrip : mêmes 60 mL/h20 gtt/mL → (60 × 20) ÷ 60 = 20 gtt/min60 gtt/mL → (60 × 60) ÷ 60 = 60 gtt/minMicrodrip : 60 gouttes = 1 mL et 60 min = 1 h,donc gtt/min égale mL/h —seulement si le facteur vaut 60Perfusion pondérale : 60 kg à 2 mg/kg/h2 × 60 = 120 mg/h ; 240 mg ÷ 120 mL = 2 mg/mL120 mg/h ÷ 2 mg/mL = 60 mL/h

Si le schéma dépasse ce cadre, faites-le défiler latéralement. Les repères restent lisibles ; les explications numérotées ci-dessous présentent les mêmes idées.

Le dispositif gravitaire et le pince à molette

Le liquide tombe de la poche dans la chambre à gouttes, où il se divise en gouttes comptables, puis descend dans le tuyau en passant par un pince à molette qui serre celui-ci pour régler le débit. Rien dans ce dispositif ne mesure le volume : les gouttes et une montre sont les seules preuves du débit, c’est pourquoi un débit gravitaire se règle en gouttes par minute. Remonter la poche accélère l’écoulement en augmentant la pression, mais ne change pas la taille de chaque goutte.

Dispositif gravitaire et calculs schématiques, non à l’échelle. Les valeurs 10, 15, 20 et 60 gtt/mL sont les facteurs de goutte usuels ; c’est le facteur imprimé sur le perfuseur utilisé qui régit le calcul, et l’arrondi à la goutte entière suit la politique locale.

Points clés à retenir

  • Une perfusion gravitaire se règle en gouttes par minute, car la chambre à gouttes et une montre sont les seules mesures du débit.
  • Le facteur de goutte est le nombre de gouttes qu’un perfuseur donné demande pour 1 mL, imprimé sur l’emballage : souvent 10, 15 ou 20 gtt/mL en macrodrip, et 60 gtt/mL en microdrip.
  • gtt/min = (volume en mL × facteur de goutte en gtt/mL) ÷ temps en minutes ; convertissez les heures en minutes en multipliant par 60 avant de diviser.
  • À 60 gtt/mL, le compte des gouttes égale le volume horaire en mL/h, car 60 gouttes font un millilitre et 60 minutes une heure.
  • Arrondissez un débit à la goutte entière et, pour les ordonnances pondérales, passez par poids → quantité par heure → concentration → mL/h avant de régler un débit.
Approfondir

Exemple travaillé

Un débit gravitaire à partir d’une prescription en heures. Un service n’a plus de pompe à perfusion disponible. La prescription indique 1 000 mL de chlorure de sodium à 0,9 % sur 8 heures, et le perfuseur disponible porte la mention 15 gtt/mL. L’infirmière doit trouver le débit à compter dans la chambre.

  1. Écrivez la formule avec ses unités : gtt/min = (volume en mL × facteur de goutte en gtt/mL) ÷ temps en minutes. Nommez les deux grandeurs connues, 1 000 mL et 15 gtt/mL, et celle à convertir, les 8 heures.
  2. Convertissez le temps en minutes, car la réponse doit être « par minute » : 8 × 60 = 480 minutes. Rien d’autre ne change.
  3. Transformez le volume en gouttes : 1 000 × 15 = 15 000 gouttes. Les mL du volume annulent les mL du facteur de goutte, laissant des gouttes au numérateur.
  4. Répartissez ces gouttes sur les minutes : 15 000 ÷ 480 = 31,25 gtt/min. L’unité est gouttes ÷ minutes, d’où l’écriture gtt/min.
  5. Arrondissez à la goutte entière et vérifiez l’ordre de grandeur : 31,25 donne 31 gtt/min. Mille millilitres en huit heures représentent environ 125 mL/h, soit environ 2 mL par minute ; 2 mL × 15 gouttes/mL donnent donc environ 30 gouttes par minute : un compte proche de 30 est donc plausible, contrairement à un compte proche de 300.

La prescription devient administrable en quatre gestes : nommer les grandeurs, convertir les heures en minutes, volume × facteur de goutte, diviser par les minutes, puis arrondir. Les quatre mêmes gestes servent pour toute prescription gravitaire, quel que soit le facteur de goutte imprimé sur le perfuseur.

Didacticiel 1 — un débit macrodrip sur une relève de huit heures

La prescription indique : 1 000 mL de chlorure de sodium à 0,9 % sur 8 heures par gravité. Le seul perfuseur disponible est un macrodrip marqué 20 gtt/mL. Calculez le débit à compter dans la chambre et décidez le nombre que vous réglerez réellement au pince à molette.

Règle utilisée: gtt/min = (volume en mL × facteur de goutte en gtt/mL) ÷ temps en minutes. Le volume doit être en millilitres, le facteur de goutte en gouttes par millilitre, et le temps en minutes — jamais en heures.

  1. Écrivez les trois grandeurs fournies par l’ordonnance, chacune avec son unité, et nommez celle qui n’est pas encore dans la bonne unité.

    Afficher cette étape

    Volume = 1 000 mL ; facteur de goutte = 20 gtt/mL ; temps = 8 heures. C’est le temps qui n’est pas dans la bonne unité, car la formule divise par des minutes et 8 est un nombre d’heures.

  2. Avant tout calcul, quel perfuseur donne le plus grand nombre de gouttes pour les mêmes 1 000 mL et les mêmes 8 heures : celui-ci à 20 gtt/mL, ou un perfuseur à 15 gtt/mL ? Justifiez sans calculer aucun des deux débits.

    Afficher la réponse

    Le perfuseur de 20 gtt/mL donne le plus grand compte. Ses gouttes sont plus petites : il en faut vingt pour faire 1 mL là où l’autre n’en demande que quinze. Volume × facteur de goutte est un simple décompte ; le facteur le plus grand donne donc toujours le plus grand nombre de gouttes, et comme le temps ne change pas, le plus grand compte par minute.

  3. Convertissez les 8 heures en minutes. Montrez la multiplication et conservez l’unité.

    Afficher cette étape

    8 heures × 60 minutes par heure = 480 minutes. L’unité « heures » a disparu et le temps est maintenant dans l’unité exigée par la formule.

  4. Transformez le volume en nombre de gouttes avec le facteur de goutte, puis divisez par 480 minutes.

    Afficher cette étape

    1 000 mL × 20 gtt/mL = 20 000 gouttes, puisque chaque millilitre demande vingt gouttes. Puis 20 000 ÷ 480 = 41,67 gtt/min. Les mL se sont annulés, laissant des gouttes, et la division par des minutes a produit des gouttes par minute.

  5. Le calcul donne 41,67 gtt/min. Pouvez-vous régler 41,67 gouttes par minute sur un dispositif gravitaire, et que faites-vous de la fraction ?

    Afficher la réponse

    Non. Une goutte est un événement entier : la chambre en laisse tomber une ou aucune, une fraction de goutte ne se compte ni ne se maintient. On arrondit donc à la goutte entière la plus proche, soit 42 gtt/min, et l’on garde la même règle d’arrondi pour tous les débits gravitaires du service, afin que les arrondis répétés ne s’écartent jamais beaucoup du volume prescrit.

  6. Comparez votre compte au volume horaire, comme contrôle de bon sens. Calculez d’abord les mL/h, puis jugez si 42 gtt/min est plausible pour ce perfuseur.

    Afficher cette étape

    1 000 mL ÷ 8 heures = 125 mL/h. Avec un perfuseur de 20 gtt/mL, 125 mL/h font 125 × 20 = 2 500 gouttes par heure, et 2 500 ÷ 60 = 41,67 gtt/min : le même résultat par une autre voie. Un compte proche de 42 pour 125 mL/h est cohérent ; un compte proche de 12 ou de 420 signalerait une erreur d’unités.

Réponse: Le débit est de 41,67 gtt/min, qui s’arrondit à 42 gtt/min — le nombre à régler sur le pince à molette.

À retenir: Nommez d’abord les trois grandeurs, puis convertissez les heures en minutes avant de diviser, car la formule ne peut produire un débit par minute qu’à partir d’un temps en minutes. Terminez en arrondissant à la goutte entière et en recoupant le compte avec les mL/h : c’est ce contrôle qui détecte un facteur de goutte inversé.

Didacticiel 2 — une perfusion pondérale de mg/kg/h jusqu’au mL/h

Un patient de 60 kg reçoit une prescription de 2 mg/kg/h en perfusion intraveineuse continue. La pharmacie a préparé une poche contenant 240 mg du médicament dans 120 mL de solution. Conduisez l’ordonnance de la dose prescrite jusqu’au débit de la pompe en mL/h, puis indiquez le débit gravitaire équivalent avec un perfuseur de 60 gtt/mL.

Règle utilisée: Marche à suivre pour une perfusion pondérale : dose par kg et par heure × poids en kg = quantité par heure ; quantité dans la poche ÷ volume de la poche = concentration en mg/mL ; puis quantité par heure ÷ concentration = volume par heure en mL/h.

  1. L’ordonnance indique une dose par kilogramme, mais le patient a un poids précis. Que faut-il multiplier, et quelle est la réponse en termes de mg/kg/h ?

    Afficher la réponse

    Multipliez les 2 mg/kg/h prescrits par les 60 kg du patient. Les kilogrammes s’annulent et il reste 2 × 60 = 120 mg/h : la quantité que ce patient doit recevoir chaque heure. L’unité mg/kg/h devient mg/h, soit une quantité, pas encore un débit.

  2. Calculez la concentration de la poche préparée sous forme de quantité par millilitre.

    Afficher cette étape

    Concentration = 240 mg ÷ 120 mL = 2 mg/mL. Autrement dit, chaque millilitre de la poche porte 2 mg de médicament : chaque millilitre administré apporte donc 2 mg au patient.

  3. Un collègue se saisit de la formule gtt/min et commence à convertir des heures en minutes à ce stade. Expliquez pourquoi cette formule ne convient pas à cette ordonnance, et quel est le bon geste suivant.

    Afficher la réponse

    La formule du débit exige un volume déjà exprimé en millilitres, or cette ordonnance ne contient encore aucun volume : elle donne une quantité de médicament par heure. Les minutes ne serviraient à rien, car la grandeur manquante est le volume qui porte ces 120 mg. Le bon geste suivant est de diviser la quantité horaire par la concentration pour trouver ce volume.

  4. Divisez la quantité horaire par la concentration pour obtenir le volume horaire, et vérifiez que les unités s’annulent comme prévu.

    Afficher cette étape

    120 mg/h ÷ 2 mg/mL = 60 mL/h. Les mg s’annulent avec les mg, laissant des mL/h : l’unité attendue par la pompe. On peut le lire ainsi : 120 mg sont nécessaires chaque heure et chaque millilitre porte 2 mg, le nombre de millilitres nécessaires est donc 120 ÷ 2 = 60.

  5. Avec un perfuseur de 60 gtt/mL, convertissez les 60 mL/h en un compte gravitaire et précisez ce que ce compte révèle sur les perfuseurs microdrip.

    Afficher cette étape

    (60 × 60) ÷ 60 = 60 gtt/min. Le facteur de goutte de 60 et les 60 minutes de l’heure s’annulent, le compte égale donc le volume horaire. C’est le raccourci microdrip : il découle du facteur de 60 et non d’une règle distincte à mémoriser.

Réponse: Le débit de la pompe est de 60 mL/h, soit 60 gtt/min avec un perfuseur microdrip et 20 gtt/min avec un perfuseur macrodrip de 20 gtt/mL.

À retenir: Une ordonnance pondérale suit toujours le même chemin : poids → quantité par heure → concentration → volume par heure. Ne réglez jamais un débit avant que le volume n’existe, et laissez toujours les unités prouver la dernière division, car mg/h ÷ mg/mL ne peut donner que des mL/h.

À vous d’essayer

Essayez chaque exercice sur papier. Écrivez la formule, remplacez les nombres, puis vérifiez l’unité de votre réponse.

  1. Une prescription indique 500 mL sur 4 heures par gravité avec un perfuseur marqué 20 gtt/mL. Calculez le débit en gtt/min en montrant le temps converti, et indiquez le nombre que vous régleriez.

    Indice

    Convertissez d’abord les heures en minutes, puis multipliez le volume par le facteur de goutte, et seulement ensuite divisez.

    Afficher la réponse détaillée

    4 heures × 60 = 240 minutes. 500 mL × 20 gtt/mL = 10 000 gouttes. 10 000 ÷ 240 = 41,67 gtt/min, ce qui s’arrondit à 42 gtt/min. Le résultat est plausible : 500 mL en 4 heures représentent 125 mL/h, et 125 mL × 20 gouttes font 2 500 gouttes par heure, soit environ 42 gouttes par minute.

  2. Une perfusion est prescrite à 80 mL/h. Donnez le compte gravitaire avec un perfuseur microdrip de 60 gtt/mL et avec un perfuseur macrodrip de 20 gtt/mL, puis expliquez la différence entre les deux comptes.

    Indice

    L’un des deux perfuseurs ne demande aucun calcul, car 60 gouttes font un millilitre et 60 minutes font une heure. Pour l’autre, convertissez l’heure en minutes.

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    Avec 60 gtt/mL, le compte est de 80 gtt/min, égal au volume horaire, car (80 × 60) ÷ 60 = 80. Avec 20 gtt/mL, le compte est de (80 × 20) ÷ 60 = 1 600 ÷ 60 = 26,67, soit environ 27 gtt/min. Les comptes diffèrent parce que la taille des gouttes diffère : une goutte microdrip est trois fois plus petite qu’une goutte macrodrip à 20 gtt/mL, il en faut donc trois fois plus pour le même volume.

  3. Une poche de 750 mL est prescrite sur 5 heures. Donnez le débit avec un perfuseur de 15 gtt/mL et avec un perfuseur de 10 gtt/mL, puis indiquez quel dispositif fait compter le moins de gouttes.

    Indice

    Le temps est le même pour les deux perfuseurs : la seule chose qui change entre les deux calculs est le facteur de goutte au numérateur.

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    5 × 60 = 300 minutes. Avec 15 gtt/mL : (750 × 15) ÷ 300 = 11 250 ÷ 300 = 37,5, soit 38 gtt/min après arrondi. Avec 10 gtt/mL : (750 × 10) ÷ 300 = 7 500 ÷ 300 = 25 gtt/min. C’est le perfuseur de 10 gtt/mL qui fait compter le moins de gouttes, car ses gouttes sont plus grosses et dix d’entre elles font déjà 1 mL. Les deux chiffres décrivent les mêmes 150 mL/h.

  4. Un patient de 70 kg reçoit une prescription de 5 mcg/kg/min. La poche préparée contient 250 mg dans 250 mL. Partez de la dose prescrite pour arriver au débit de la pompe en mL/h, et donnez le compte microdrip équivalent.

    Indice

    Multipliez la dose par le poids pour obtenir des mcg/min, puis par 60 pour obtenir des mcg/h. Convertissez les microgrammes en milligrammes avant de diviser par la concentration, sinon les unités ne s’annuleront pas.

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    5 mcg/kg/min × 70 kg = 350 mcg/min, et 350 × 60 = 21 000 mcg/h. Comme 1 000 mcg = 1 mg, cela fait 21 mg/h. La concentration est de 250 mg ÷ 250 mL = 1 mg/mL, le débit vaut donc 21 mg/h ÷ 1 mg/mL = 21 mL/h. Avec un perfuseur de 60 gtt/mL, le compte est (21 × 60) ÷ 60 = 21 gtt/min, égal au volume horaire comme toujours en microdrip.

Idée fausse fréquente

Les débutants traitent souvent le facteur de goutte comme un nombre universel fixe et supposent que 1 mL vaut toujours 15 gouttes, ou ne retiennent que le raccourci microdrip et l’appliquent à tous les dispositifs. Ces deux habitudes donnent un débit faux sans la moindre erreur de calcul. Une goutte a une taille physique déterminée par l’orifice du perfuseur : 60 gouttes font 1 mL en microdrip, mais seulement 10, 15 ou 20 en macrodrip. Le raccourci « gtt/min égale mL/h » n’est vrai qu’à 60 gtt/mL. Lisez l’emballage chaque fois que vous ouvrez un nouveau perfuseur, car la même ordonnance avec un dispositif de 20 gtt/mL exige un compte tout différent.

Vérifiez votre raisonnement

Expliquez pourquoi la formule du débit ne contient jamais de « 60 » en général, alors qu’un 60 apparaît dans le raccourci microdrip. Qu’est-ce que cela révèle de la différence entre une règle et une conséquence ?

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La formule générale est gtt/min = (volume × facteur de goutte) ÷ temps en minutes, et elle vaut pour tout perfuseur ; le seul 60 d’un calcul gravitaire est la conversion d’une heure en 60 minutes. Dans le cas microdrip, le facteur de goutte vaut lui-même 60 gtt/mL, et ce 60 annule les 60 minutes de l’heure, laissant un compte numériquement égal au volume horaire. Rien n’a été ajouté à la règle : c’est une valeur particulière du facteur de goutte qui a fait disparaître deux soixantaines déjà présentes. Une conséquence de ce genre n’est sûre que si l’on sait quelle condition l’a produite, car elle cesse d’être vraie dès que l’on prend un perfuseur de facteur différent, alors que la formule, elle, résiste à tous les perfuseurs.

D’où vient ce contenu

  • BMS 1110 Applied Mathematics and Medical Biostatistics lecture notes (supplied) · Chapter Five “IV drip and infusion calculations”, lines 448–461: gravity drips in drops per minute; gtt/min = (volume × drop factor) ÷ time in minutes; the worked examples of 1,000 mL over 8 hours at 15 gtt/mL (31.25, approximately 31 gtt/min) and 500 mL over 4 hours at 20 gtt/mL (41.67, approximately 42 gtt/min); microdrip at 60 gtt/mL and the approximate equality of gtt/min with mL/hr; and the weight-based worked example of 60 kg at 2 mg/kg/hr with a solution of 240 mg in 120 mL giving 60 mL/hr.
  • Beyond the supplied notes: the drop factors of the common giving sets · The notes give the 15 gtt/mL and 20 gtt/mL examples and the microdrip value of 60 gtt/mL but never list the common macrodrip factors as a set, nor state that the drop factor is printed on the giving-set packaging and belongs to the tubing rather than the drug. The typical macrodrip factors 10, 15 and 20 gtt/mL and the reason for their differences (orifice size) are standard infusion practice supplied here from general nursing knowledge.
  • Beyond the supplied notes: the full weight-based infusion routine · Lines 459–461 give one mg/kg/hr example but do not set out the routine: the concentration step as a named stage, the extension to mcg/kg/min with the 60-minute conversion and the microgram-to-milligram step, the dependence of the rate on the prepared bag, or the clinical practice of titration. These are standard parenteral-nursing practice added from general knowledge.

La progression des leçons est enregistrée sur cet appareil pour l’apprenant actuel. Les réponses d’entraînement restent séparées et ne sont pas conservées.

À propos de ce cours et de ses sources

Leçons bilingues organisées à partir des notes BMS 1110 Mathématiques appliquées et biostatistique médicale fournies (M. Ebangan Prosper Achuanoh). Les schémas sont des illustrations pédagogiques originales ; les sections qui dépassent les notes fournies le précisent dans leurs sources. La révision mathématique, clinique et francophone est en attente.